Logements étudiants et jeunes actifs

Vers une territorialisation des besoins en Île-de-France

25 novembre 2020ContactCorinne de Berny Riche, Anne-Claire Davy

Dans le sillage du « plan 60 000 logements étudiants et 20 000 logements pour jeunes actifs » annoncé par le gouvernement à la rentrée 2017, l’inter Comue-inter Crous, qui pilote l’observatoire territorial du logement étudiant d’Île-de-France, la Région et la DRIHL ont chargé L’Institut Paris Region de proposer une géographie préférentielle pour la création de nouvelles résidences étudiantes conventionnées.
Près de deux millions de jeunes âgés de 18 à 29 ans résidaient en Île-de-France en 2016, dont 44 % chez leur(s) parent(s), une proportion nettement supérieure à la moyenne nationale (38 %). Les étudiants franciliens peinent particulièrement à accéder à un logement autonome du fait d’une offre dédiée limitée (1 place en résidence pour 10 étudiants en 2016). 
L’impact des efforts de production de logements étudiants depuis une décennie est très important dans la région : entre 2009 et 2019 l’offre globale y a progressé de 88 %, et celle en logements à loyers modérés a plus que doublé (+ 120 %). En juillet 2019, on recensait près de 89 000 places en résidence étudiante, dont près de 51 000 places sociales, pour un peu plus de 700 000 étudiants inscrits dans la région. L’offre à destination des jeunes actifs, y compris apprentis et jeunes en alternance ou en stage, représentait 21 500 places.
Une méthodologie originale a été mise en œuvre afin d’identifier plus précisément les territoires les plus déficitaires en logements pour étudiants en tenant compte des temps de transport et des effets de concurrence entre étudiants des différents établissements sur l’offre disponible dans leur environnement proche, autrement dit à moins de 30 minutes de trajet en transports en commun. Paris intra-muros, Créteil, Courbevoie et Nanterre ressortent comme les territoires les moins bien équipés en logements pour étudiants.
Le parc locatif privé de petits logements demeure le principal lieu d’accueil de la mobilité des jeunes et en particulier des étudiants (90 % des emménagés récents). Concentrée au centre de l’agglomération, la géographie de ce parc est en phase avec celle des pôles d’attractivité des jeunes Franciliens. Cependant, les loyers sont élevés et, dans les territoires où ils le sont moins, les jeunes sont concurrencés par d’autres ménages à faibles revenus, notamment dans le nord-est de Paris et en Seine-Saint-Denis.
Les lieux de travail ou d’étude des jeunes actifs et surtout des étudiants, comme leurs lieux de résidence, pour ceux logés de façon autonome, apparaissent très concentrés au cœur de l’agglomération et à proximité de la plupart des grands pôles universitaires de la périphérie de Paris. La prise en compte simultanée de la demande potentielle de logements et de l’offre disponible a permis de dresser une typologie des communes franciliennes via une méthode de scoring synthétisant les informations recueillies. Elle distingue les communes potentiellement les plus attractives selon l’importance de l’offre déjà disponible.

Cette étude est reliée aux catégories suivantes :
Éducation et formation | Habitat et logement