Territoires de la vie étudiante en Île-de-France

28 octobre 2016ContactCorinne de Berny Riche, Anne-Claire Davy

L’IAU îdF mène régulièrement pour le compte de la Région et de ses partenaires des études sur les conditions de vie et d’étude des étudiants franciliens : offre de logements spécifiques, structuration de l’offre d’enseignement, mobilité et transports, équipements. Ce rapport croise ces différents regards pour brosser un rapide portrait des territoires de la vie étudiante et de leur capacité d’accueil de ce public aux besoins particuliers.

Six étudiants sur dix habitent chez leur(s) parent(s)

La plupart des étudiants résident dans l’agglomération centrale et le sud-ouest de la région, six sur dix habitent toujours chez leur(s) parent(s), une proportion supérieure à la moyenne nationale. L’Île-de-France se caractérise également par une part importante d’étudiants originaires des autres régions françaises ou de l’étranger (de l’ordre de 40 %), qui vivent donc de façon autonome pour la majorité d’entre eux. S’ils se concentrent de préférence au centre de l’agglomération, c’est qu’ils y trouvent un parc de petits logements locatifs adaptés à leur besoin, sur le marché privé surtout, ou dans des résidences étudiantes qui offrent au total un peu plus de 75 000 places dans la région. Le domicile et son environnement proche concentrent une bonne partie des activités des étudiants, qu’elles soient studieuses – travail personnel – ou de loisirs.

Des étudiants franciliens très mobiles

La concentration des lieux d’études dans la région est encore plus forte que celle des lieux de résidence : trois arrondissements parisiens (5, 6 et 13) rassemblent à eux seuls près du tiers des inscrits en 2013. Cette forte concentration des lieux d’étude trouve son origine dans l’histoire du développement universitaire. Elle est confortée par la qualité de la desserte en transports collectifs, dont les étudiants sont très dépendants. Ainsi, plus des trois quarts bénéficient de l’abonnement annuel Imagine R Etudiant cofinancé par la Région. La représentation cartographique des navettes domicile-lieu d’étude révèle des étudiants franciliens très mobiles, dont les temps de trajet dépassent une demi-heure pour six étudiants sur dix, beaucoup plus souvent que dans les autres régions françaises. Cette contrainte pourrait expliquer qu’ils ne pratiquent que peu d’activités au lieu d’étude en dehors des cours. La temporalité journalière des déplacements des étudiants titulaires d’un abonnement est comparable à celle des actifs. Entre domicile et établissement d’enseignement, d’autres lieux jalonnent la vie étudiante dans la région : le lieu de travail pour les 60 % d’étudiants qui déclarent une activité professionnelle, le domicile des parents pour ceux vivant de façon autonome, les loisirs et les sorties.

Les territoires impactés par la vie étudiante confirment l’attractivité de Paris

L’éclatement des lieux fréquentés par les étudiants dans la région rend complexe l’identification des espaces porteurs d’une « vie de campus » en Île-de-France. Une représentation cartographique des territoires impactés par la vie étudiante a été réalisée dans le cadre des travaux d’élaboration du schéma de la vie universitaire du CROUS de Paris. Elle confirme l’attractivité de Paris, dont la concurrence pèse en particulier sur les sites universitaires de proche couronne. Les aménités urbaines, mesurées par la présence d’un certain nombre d’équipements et services utiles aux étudiants à l’échelle de la commune, varient sensiblement d’un site universitaire à l’autre. Les arrondissements parisiens eux-mêmes apparaissent contrastés ; et quelques villes suffisamment éloignées de la capitale pour fonctionner de manière plus autonome sont encore assez loin d’offrir les conditions du développement d’une vie de campus sur place.

Cette étude est reliée aux catégories suivantes :
Mobilité et transports | Déplacements | Société et habitat | Éducation et formation | Équipements et services | Habitat et logement