Les freins à l’emploi en Île-de-France, reflet des spécificités sociodémographiques franciliennes ?

09 juillet 2026ContactColine Bouvart, Benoît Chardon

Le Baromètre Unédic est une enquête réalisée en ligne par le cabinet Elabe auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus et de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. En 2025, 4 553 individus, dont 1 547 demandeurs d’emploi, ont été interrogés au niveau national. En Île-de-France, l’échantillon est constitué de 673 individus, dont 219 demandeurs d’emploi. Le focus annuel porte sur les freins à l’emploi, leur perception et leur vécu. En partenariat avec l’Unédic, l’Observatoire régional de l’emploi et de la formation au sein de l’Institut Paris Region exploite les données franciliennes et met en lumière les principaux résultats de l’enquête en Île-de-France. 

Cinq questions relatives aux freins à l’emploi sont analysées, abordant sous différents angles la manière dont les individus les perçoivent et le vécu qu’ils peuvent en avoir. Centrée sur les réponses délivrées par les demandeurs d’emploi, l’étude met d’abord en évidence les écarts entre la perception des freins et leur expérience concrète. Un éclairage spécifique sur les particularités de l’Île-de-France au regard des tendances observées au niveau national est ensuite apporté. Enfin, sont mis en exergue différents facteurs qui, selon les profils, contribuent à renforcer les difficultés d’accès à l’emploi, soulignant alors les logiques de cumul des freins. 

Observatoire régional de l'emploi et de la formation

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Les freins à l’emploi, une question de points de vue 

Les résultats du Baromètre sur la question des freins à l’emploi mettent en lumière combien la perception de ces freins est située socialement, selon le positionnement de l’individu interrogé, sur le marché du travail notamment (voir encadré 1), selon ses expériences mais aussi selon ce qu’il projette des difficultés majeures qui pourraient advenir lors d’une recherche d’emploi. 

Les freins rencontrés par les demandeurs d’emploi franciliens ne sont pas forcément les plus redoutés

Pour 83 % des demandeurs d’emploi (DE) franciliens, à diplômes et compétences égaux, tout le monde n’a pas les mêmes chances de trouver un emploi. Au-delà de leurs compétences et de leur situation personnelle, ils considèrent donc qu’il existe des freins périphériques (profil, santé, mobilité…) qui peuvent être déterminants dans l’accès à l’emploi d’une personne. 

Interrogés sur leur perception des « freins majeurs qui rendent presque impossible de trouver un emploi », les demandeurs d’emploi citent le plus souvent le fait d’avoir des enfants sans possibilité de les faire garder (58 %). Cela renvoie à l’impact direct de l’absence de mode de garde sur la disponibilité des parents, ne serait-ce que pour se rendre à un entretien. Il est également plus difficile, dans ces conditions, de répondre aux exigences de l’employeur en termes d’horaires de travail. Les difficultés à s’exprimer ou à écrire en français (56 %), et le fait d’être atteint d’une maladie chronique ou de longue durée sont aussi majoritairement perçus comme des obstacles majeurs (54 %). On trouve ensuite, dans le top 5 des freins perçus, le fait de ne pas avoir d’expérience professionnelle (46 %) ou d’être en situation de handicap (45 %). Dans le reste du pays, les demandeurs d’emploi présentent une hiérarchie des freins proche de celle observée en Île-de-France, à des niveaux comparables pour les trois premiers freins identifiés.

Lorsqu’ils sont interrogés sur les difficultés effectivement rencontrées pour trouver un emploi au long de leurs parcours, les demandeurs d’emploi mettent davantage en avant des freins relatifs à un manque ou à une inadéquation de compétences : ils sont 74 % à déclarer avoir déjà rencontré une difficulté liée à une telle situation, en particulier le fait d’avoir des compétences qui ne correspondent pas aux besoins actuels du marché du travail (48 %) ou ne pas avoir d’expérience professionnelle (49 %). Les freins psychologiques (voir encadré 2) ont également davantage été éprouvés par les demandeurs d’emploi (62 %), en particulier le fait d’avoir connu plusieurs refus lors de recherches d’emploi (51 %). Les freins liés au profil (être un senior, un jeune, une femme…) ou à la santé (avoir une maladie chronique, être en situation de handicap…) apparaissent logiquement plus faiblement car ils dépendent de la composition sociale des demandeurs d’emploi franciliens. Ainsi, peu de demandeurs d’emploi déclarent avoir rencontré des difficultés à trouver un emploi car ils avaient du mal à s’exprimer ou à écrire en français (14 %), alors même qu’ils sont une majorité à considérer que cela peut être un frein majeur à l’accès à l’emploi (56 %). Cela montre l’ambivalence des questions de perception : les freins perçus comme les plus importants sont ceux pour lesquels, d’un point de vue extérieur, il semble objectivement plus difficile de trouver un emploi, tandis que les freins rencontrés renvoient aux réalités vécues en moyenne par les demandeurs d’emploi franciliens. Par exemple, le fait d’être senior est largement déclaré comme une difficulté vécue par les demandeurs d’emploi seniors : 73 % des demandeurs d’emploi de plus de 55 ans considèrent avoir déjà rencontré cette difficulté lors de leur recherche d’emploi. À côté de cela, elle est perçue comme une difficulté majeure par seulement 44 % des demandeurs d’emploi interrogés, signifiant que la conscience de ce facteur de discrimination sur le marché du travail n’est pas partagée par l’ensemble des profils interrogés à la hauteur de ce que les plus de 55 ans expriment. 

Encadré 1 : Le niveau de perception des freins à l’emploi principalement infléchi par le statut sur le marché du travail - Focus sur les différences de perception entre actifs occupés et demandeurs d’emploi

Au-delà des facteurs de difficulté face à l’emploi, les différences de perception s’expriment également en termes de niveau. En effet, les actifs en emploi franciliens perçoivent sensiblement les mêmes freins majeurs, mais dans des proportions bien moindres. Ils sont 63 % à déclarer que tout le monde n’a pas les mêmes chances de trouver un emploi à diplômes et compétences égaux (contre 83 % des demandeurs d’emploi). Les difficultés à écrire ou à parler en français ressortent en premier parmi les freins majeurs identifiés (46 %). Ils estiment également que l’existence d’une maladie chronique ou de longue durée empêche souvent l’accès à l’emploi, au même niveau que l’absence de mode garde d’enfant et le fait d’être senior (41 %), devant le fait d’être en situation de handicap (36 %) : pour chaque situation, ils sont moins nombreux à les considérer comme des freins à l’emploi que les demandeurs d’emploi. Cela souligne que la situation sur le marché du travail modifie la visibilité des obstacles qui peuvent être rencontrés par les personnes en recherche d’emploi.
De la même façon, lorsqu’ils sont interrogés sur les obstacles effectivement rencontrés lors de la recherche d’un emploi, les actifs occupés déclarent significativement moins de difficultés que les demandeurs d’emploi, quelle que soit la nature des freins sondés : par rapport à un manque ou à une inadéquation de compétences (74 % des demandeurs d’emploi, contre 44 % des actifs occupés), au profil de la personne (66 %, contre 40 %) ou encore à des freins psychologiques (62 %, contre 34 %) ou de mobilité (64 %, contre 34 %). 
Ces différences de perception selon le statut d’emploi de la personne interrogée peuvent s’expliquer par le cumul des difficultés pour les personnes en recherche d’emploi et la temporalité de passation du questionnaire par rapport à son statut, les actifs en emploi pouvant, par exemple, sous-estimer des difficultés vécues par le passé.

Des spécificités franciliennes liées aux principales caractéristiques économiques et géographiques de la région

Un marché de l’emploi perçu comme plus compétitif

L’Île-de-France est la seule région à compter davantage d’emplois que d’actifs résidents, ce qui traduit son attractivité et le dynamisme de son marché du travail . Cela transparaît dans la perception des freins majeurs à l’emploi des demandeurs d’emploi franciliens. 

En effet, les critères de compétences et d’expérience sont davantage perçus comme déterminants en Île-de-France, soulignant une vision d’un marché du travail plus exigeant et plus concurrentiel. Par rapport à l’ensemble des demandeurs d’emploi français, les demandeurs d’emploi franciliens considèrent ainsi plus souvent comme des freins majeurs le manque d’expérience professionnelle (46 %, contre 37 %), le fait d’avoir des compétences qui ne correspondent pas aux besoins actuels du marché (41 %, contre 35 %) ou encore l’absence de maîtrise des outils numériques et informatiques (39 %, contre 31 %).

Par ailleurs, les demandeurs d’emploi franciliens en recherche d’emploi sont plus souvent prêts à des concessions pour retrouver un emploi, notamment des conditions d’emploi dégradées – un temps partiel très réduit (55 %, contre 45 %) ou un rythme de travail irrégulier (65 %, contre 59 %), par exemple – ce qui peut traduire également une perception d’un marché du travail plus concurrentiel.

Pour autant, les demandeurs d’emploi franciliens ne déclarent pas significativement plus que les demandeurs d’emploi d’autres régions avoir rencontré des difficultés liées à leurs compétences, signe que les profils des demandeurs d’emploi franciliens ne sont pas plus en inadéquation avec les offres de poste disponibles qu’ailleurs.
 

La mobilité : une dépendance moindre à la voiture en Île-de-France

Les freins liés à la mobilité semblent plus marqués dans le reste du pays qu’en Île-de-France : 63 % des demandeurs d’emploi français perçoivent ainsi les questions de mobilité comme des freins majeurs pour trouver un emploi, contre 54 % des demandeurs d’emploi franciliens. Bien souvent, avoir le permis et une voiture sont nécessaires pour se rendre sur lieu de travail et 43 % des demandeurs d’emploi français estiment effectivement que leur absence est un frein majeur à l’emploi, contre seulement 17 % des demandeurs d’emploi franciliens. La concentration des emplois dans Paris et la petite couronne ainsi que la densité du réseau de transports en commun contribuent à expliquer cette perception de moindre dépendance au permis de conduire et à la voiture. Cela dit, l’absence de permis et de voiture reste un obstacle pour accéder à de nombreux emplois en Île-de-France : 61 % des demandeurs d’emploi franciliens ont ainsi indiqué qu’il s’agissait d’un frein important, sans le considérer comme une difficulté majeure face à l’emploi. Ils sont d’ailleurs relativement plus nombreux à avoir été confrontés à ce type de difficulté lors de leur recherche d’emploi que les demandeurs d’emploi français en moyenne (49 %, contre 44 %). 

Les caractéristiques géographiques franciliennes contribuent à ces différents résultats : parmi les difficultés rencontrées pour retrouver un emploi, « habiter en banlieue ou dans un quartier prioritaire de la ville » ressort particulièrement en Île-de-France (18 %, contre 12 % des demandeurs d’emploi français), contrairement au fait d’habiter à la campagne (17 %, contre 27 %) ou de vivre dans une zone mal desservie par les transports en commun (23 %, contre 31 %). 

Au-delà des caractéristiques géographiques de l’Île-de-France, les perceptions et vécus des freins à l’emploi sont largement dépendants des caractéristiques des demandeurs d’emploi interrogés, pour les questions de mobilité comme pour le reste. Les demandeurs d’emploi franciliens sont d’ailleurs plus nombreux à déclarer avoir dû renoncer à un emploi du fait de motifs liés à leur profil, à une discrimination relative à leur âge, leur genre ou leur origine (35 %, contre 29 % des demandeurs d’emploi français). 

Le profil des demandeurs d’emploi : des disparités dans les perceptions et le vécu des freins à l’emploi

Les moins de 40 ans cumulent les freins à l’emploi 

L’analyse par âge montre que les demandeurs d’emploi franciliens de moins de 40 ans perçoivent et rencontrent davantage d’obstacles à l’emploi que leurs homologues de plus de 40 ans. 
Ils identifient davantage de freins majeurs en termes de compétences : un manque d’expérience (51 %, contre 36 % des 40 ans et plus), des compétences qui ne correspondent pas aux besoins du marché (46 %, contre 29 %) et l’absence de maîtrise des outils numériques et informatiques (43 %, contre 29 %). Au total, ils sont également 79 % à déclarer avoir déjà rencontré des difficultés à trouver un emploi en raison d’un manque ou d’une inadéquation de compétences, contre 62 % des 40 ans et plus. De façon logique, la différence est particulièrement marquée sur la question de l’absence d’expérience professionnelle (58 %, contre 28 %). Le manque de confiance en soi, qui peut être lié au manque d’expérience, est aussi davantage éprouvé par les plus jeunes (46 %, contre 28 %). 
Ils mettent également davantage en avant la plupart des freins périphériques, qu’il s’agisse de difficultés liées au lieu de résidence, des situations de précarité, ou encore des freins liés à l’origine, comme le fait d’avoir un nom ou un prénom à consonance étrangère. 
En revanche, ils ne voient pas encore la santé et la vie familiale comme des freins à l’insertion professionnelle, et en ont aussi moins fait l’expérience : 94 %, contre 79 % des plus de 40 ans, disent ne pas avoir rencontré de difficultés à trouver un emploi liées à la vie familiale ; ils sont 93 % (contre 82 %) concernant les difficultés liées à la santé.

Des perceptions peu genrées, des situations familiales qui pèsent pourtant plus sur les femmes

Les différences de perception entre les femmes et les hommes sont faibles. Certaines nuances apparaissent sur les questions de mobilité, notamment : les femmes citent plus souvent comme frein le fait d’habiter à la campagne (24 %, contre 10 %), tandis que les hommes mettent davantage en avant l’absence de permis de conduire ou de voiture (23 %, contre 12 %). Les hommes déclarent également plus fréquemment le manque de confiance en soi (50 %, contre 30 %) et une situation financière tendue (29 %, contre 13 %) comme freins majeurs à l’emploi.
Lorsqu’il s’agit des difficultés effectivement éprouvées à la recherche d’un emploi, il est toutefois notable que les femmes déclarent significativement plus souvent que les hommes celles liées à la vie familiale (35 %, contre 19 %). En particulier, elles sont 31 % à évoquer avoir déjà rencontré des difficultés à trouver un emploi du fait d’avoir des enfants sans possibilité de les faire garder, contre 15 % des hommes. Liées aux contraintes familiales, les concessions que sont prêts à faire les demandeurs d’emploi pour trouver un emploi apparaissent également genrées : les hommes se disent davantage prêts à accepter des conditions de travail avec des horaires décalés (68 %, contre 40 %) et des changements de planning de dernière minute (50 %, contre 36 %).

En Île-de-France, la situation financière et le niveau de diplôme jouent fortement 

Enfin, le niveau de diplôme des demandeurs d’emploi influence fortement la perception des freins. Les personnes les moins diplômées (aucun diplôme à infra-bac) citent globalement moins souvent l’existence de freins majeurs, que ce soit en termes de compétences ou de freins périphériques. Dans les faits, ils rencontrent pourtant plus souvent des difficultés à trouver un emploi en raison de leur situation précaire : être demandeurs d’emploi depuis plusieurs années (35 % des moins diplômés déclarent avoir vécu cette difficulté, contre 19 % des demandeurs d’emploi ayant un diplôme du supérieur) ; avoir des problèmes de santé (37 %, contre 16 %) ; être parent isolé (21 %, contre 10 %) et vivre dans un logement précaire (22 %, contre 7 %). Les personnes de niveau de diplôme intermédiaire (bac et bac+2) mettent davantage en avant les freins périphériques comme le lieu d’habitation, les freins liés au profil, ainsi que les difficultés financières, mais eux personnellement ne rencontrent pas plus ces difficultés que les autres. Les plus diplômés (bac+3 et plus) soulignent plus souvent les enjeux liés aux compétences et à l’expérience, à l’ancienneté dans le chômage, ainsi que la vie familiale. Dans leur vécu, ils déclarent effectivement davantage de difficultés en rapport avec leur manque d’expérience professionnelle. Ils déclarent également plus souvent avoir rencontré des obstacles du fait de leur jeune âge ou du fait d’être une femme.

Les demandeurs d’emploi dont la situation financière est dégradée (« bouclent difficilement leur fin de mois ») identifient plus souvent le manque de compétences comme un obstacle rendant presque impossible de trouver un emploi. Dans les faits, ils cumulent les difficultés d’accès à l’emploi. Ainsi, ils déclarent presque systématiquement davantage avoir rencontré des difficultés à trouver un emploi que les demandeurs d’emploi sans difficultés financières, en particulier aux motifs d’inadéquation de compétences (55 %, contre 34 %), de difficultés à s’exprimer ou écrire en français (19 %, contre 4 %), d’être demandeur d’emploi depuis plusieurs années (35 %, contre 14 %), et pour l’ensemble des freins psychologiques (68 %, contre 48 %) et familiaux (35 %, contre 13 %). Ils déclarent également plus souvent avoir dû renoncer à un emploi du fait de leur profil ou d’une discrimination (âge, genre, origine) que les autres (37 %, contre 24 %), ainsi que du fait de difficultés familiales ou sociales (30 %, contre 8 %).
 

Encadré 2 : Renforcer l’accompagnement psychologique et motivationnel
Les freins psychologiques à l’emploi peuvent être à l’origine de nombreux blocages dans la recherche d’emploi, d’autant plus pour les personnes en situation de précarité (voir graphique 6), ce qui souligne l’importance d’un accompagnement adapté sur ces aspects. Le risque, pour le demandeur d’emploi, est de s’auto-censurer en ne postulant pas à des emplois en théorie accessibles. Ces obstacles peuvent apparaître aux différentes étapes du parcours d’insertion professionnelle. 
Les principaux freins psychologiques sont liés à la période de recherche d’emploi, qui est souvent mal vécue : 69 % des demandeurs d’emploi franciliens ressentent de l’anxiété face à cette recherche et 64 % déclarent être fatigués des échecs répétés. 
Un peu plus de la moitié des demandeurs d’emploi franciliens expriment aussi des doutes sur leurs compétences et sur leur légitimité à postuler à certaines offres (56 %). Ils craignent d’être dépassés, de ne plus être à la hauteur (48 %) et d’être jugés négativement à cause de leur parcours (47 %). Ces sentiments peuvent être renforcés lorsque la période d’inactivité devient longue ou pour des postes où les métiers évoluent rapidement.
Le dernier frein cité par les demandeurs d’emploi est lié à la reprise du travail : 43 % appréhendent la reprise d’un rythme contraint (temps plein, horaires fixes…). Ils ont du mal à se projeter dans le quotidien du travail après avoir passé une période plus ou moins longue sans activité.

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