Tableau de bord de la mobilité en Île-de-France

Mieux comprendre l'évolution de la mobilité en Île-de-France avec un tableau de bord mensuel de suivi par mode et par motif.

 Contact : Dany Nguyen-Luong (directeur du département Mobilité transports)

Collecter, analyser, partager

Le besoin d’analyse de la mobilité s’affirme chaque jour dans un contexte de crise sanitaire qui perdure. Cette analyse peut se baser sur deux sources d’informations : les enquêtes de comportement et les données numériques. Ainsi, L’Institut a participé à une enquête de comportement de mobilité avec un collectif de 22 partenaires emmené par le cabinet Inov 360. Cette enquête qualitative en quatre volets a apporté des enseignements très intéressants sur plusieurs sujets comme l’impact du télétravail sur la mobilité, la redistribution des modes de déplacement, la vision de la mobilité du futur. Cette enquête va se poursuivre avec deux autres volets d’ici à juillet 2021. Concernant les données numériques, il est souhaitable que soient rassemblées et partagées les informations les plus actualisées possible sur l'évolution de la mobilité en Île-de-France depuis la période pré-covid jusqu’à maintenant. Pour chaque mode de transport, les données d’usage existent, mais elles ne sont pas toujours accessibles facilement, ou n’ont pas encore été traitées. Ces données d’usage sont plus difficiles à collecter que les données d’offre.

Ce tableau de bord vise à remplir cet objectif. L’Institut se charge de collecter mensuellement les données, en « quasi-temps réel », pour chaque mode afin de les traiter et de les partager sous la forme de graphiques interactifs, accompagnés de commentaires concis.

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Aide à l'utilisation

Les graphiques sont interactifs : • Survolez les courbes à la souris pour faire apparaître les valeurs. • Survolez la légende pour mettre en évidence une courbe dans le graphique. • Cliquez sur la légende pour supprimer une ou plusieurs courbes du graphique, il se réajustera en conséquence. • Survolez le point d'interrogation pour lire l'analyse.

Ce tableau de bord est évolutif, tant sur le fond que sur la forme. Il est amené à s’enrichir progressivement (par exemple sur les comptages routiers, les comptages vélo par département). Il pourra aussi être complété ponctuellement par un zoom spécifique sur une donnée (par exemple avec la fréquentation des TC à La Défense).

Quelques repères

Transport aérien

Dates des confinements et couvre-feux

  • 1er confinement national : du mercredi 11 mars au dimanche 17 mai 2020.
  • 2e confinement national : du vendredi 30 octobre au dimanche 13 décembre 2020.
  • Couvre-feu à 20 h : du lundi 14 décembre au vendredi 15 janvier 2021.
  • Couvre-feu à 18 h : du samedi 16 janvier au vendredi 19 mars 2021.
  • Reconfinement partiel et couvre-feu à 19 h : du samedi 20 mars au vendredi 2 avril 2021.
  • 3e confinement national : du samedi 3 avril au dimanche 2 mai 2021.
  • Déconfinement progressif à partir du lundi 3 mai 2021, maintien du couvre-feu à 19 h jusqu’au mardi 18 mai.
  • Couvre-feu à 21 h : du mercredi 19 mai au mardi 8 juin.

Méthodologie

Les données utilisées proviennent de la sphère open data, de plateformes en ligne ou des partenaires de L'Institut, producteurs de données. Nous avons opté pour les choix suivants :

  • La plupart des graphiques présentent des évolutions en pourcentagede la mobilité quotidienne par rapport à un jour de référence (base 0). Seules les données sur les trajets de covoiturage, de free-floating et de PAM sont présentées en volume car elles sont quasi-exhaustives. 
  • L’unité de temps est la semaine hors week-end et jours fériés, sauf pour les données des vols aériens où l’unité de temps est la semaine entière. Le choix de la semaine permet un certain lissage des données sur une longue période. La donnée est la moyenne journalière du lundi au vendredi.
  • Les périodes de vacances scolaires sont exclues (notamment la période estivale entre le lundi 13 juillet et le dimanche 30 août 2020), sauf les vacances d’avril 2020 en plein premier confinement et les vacances d’avril 2021 en plein troisième confinement.
  • La période de référence est la première semaine de mars 2020 (semaine calendaire n° 10), située avant le premier confinement (du 17 mars au 10 mai) et après les vacances de février.
  • Pour les données Moovit et Google Mobility, la période de référence est fixée par les producteurs de données. Elle est la même à l’échelle internationale. Le choix de cette période a évidemment une incidence sur les évolutions relatives. Le mois de janvier 2020 est encore une période de grève de la SNCF, mais moins suivie qu’en décembre.
  • Lorsque des données sont manquantes ou manifestement erronées (par exemple dû au dysfonctionnement temporaire d’un compteur vélo, routier ou du SIDV), elles sont corrigées.
  • Nous arrêtons les données à la dernière semaine complète disponible.

Les sources de données

  • Les données de kilométrage de bouchons (pas de 6 minutes) sont fournies à notre demande par la DIRIF,  sur son réseau instrumenté (voies rapides et routes nationales), ainsi que sur une partie des routes des Sociétés Concessionnaires d’Autoroutes et sur quelques routes départementales en continuité des voies rapides comme la RD910 avec la RN118 par exemple. L’indicateur utilisé est le kilomètre moyen de bouchons sur la journée. Rappelons qu’il faut distinguer le volume de bouchons qui est un indicateur de congestion et le volume de trafic qui est un indicateur de la circulation. Les deux indicateurs sont souvent corrélés, mais restent indépendants. Ce n’est pas parce que la congestion est nulle que le volume de circulation est nul. Par exemple, il a été observé qu’avec un volume de trafic divisé par deux seulement, comparé à une journée normale, le volume de bouchons est quasi nul. Un travail collaboratif avec la DRIEA est en cours pour mettre au point un indicateur de la circulation routière et donnera lieu à une nouvelle donnée de ce tableau de bord en 2021.
  • Les profils journaliers de la congestion routière se basent sur les mêmes données de kilomètres de bouchons de la DIRIF. Ils représentent l’évolution heure par heure de la congestion routière pour un jour ouvré moyen de chaque mois en 2019, 2020 et 2021. L’indicateur de tendance mensuelle est calculé comme l’évolution du poids de la période de pointe du matin 7h-10h et de la période de pointe du soir 17 h-20 h par rapport à la journée.
  • Le suivi du trafic routier se limite pour l’instant aux débits observés sur le boulevard périphérique parisien et sur les voies parisiennes intra-muros. Les données sont mises en open data par la Ville de Paris et disponibles à J+1. Nous exploitons les données de 72 compteurs sur le BP et de 15 compteurs représentatifs sur la voirie intra-muros. L’indicateur calculé est le débit horaire moyen sur une semaine hors week-end et hors jour férié. Rappelons toutefois que le débit ne suffit pas à caractériser l’état du trafic. La connaissance en un point du taux d’occupation est l’autre donnée indispensable, comme le montre le « diagramme fondamental » en ingénierie du trafic qui comprend deux parties (régime fluide et régime saturé).
  • Les données sur le covoiturage de courte distance proviennent du registre national du covoiturage. Elles sont disponibles à M+1, chaque jour et chaque heure. Les trajets comptabilisés sont ceux effectués en passant par les plateformes privées de mise en relation en Île-de-France.telles que Karos, Klaxit, Oui’Hop, BlaBlaLines. Ils ne reflètent donc pas de manière exhaustive le covoiturage de courte distance. Notamment, le covoiturage informel dans le cercle familial ou amical n’est pas pris en compte.
  • Le SIDV (Système d'Information Décisionnel basé sur les Validations) a été mis en place par Île-de-France Mobilités. L’Institut Paris Region a un accès à cette plateforme, mais les données par jour et par heure ne sont disponibles qu’à M+1. Les données sont remontées des validations par les cartes à puce type Navigo ou Imagin R et ne sont donc pas exhaustives. Elles ne prennent pas en compte les tickets magnétiques. De plus, des valideurs peuvent être momentanément en panne, sans omettre la fraude. Afin d’avoir une estimation plus récente des validations de télébilletique, nous avons prolongé les données du SIDV en estimant les validations à partir des données disponibles de fréquentation aux arrêts de transports en commun de Google Mobility. Pour ce faire, une courbe de tendance linéaire est estimée sur l’ensemble des données disponibles (R² de 0,9). Attention, les données estimées sont une estimation probable de la situation sur les semaines les plus récentes et non une valeur sûre de validations.
  • L’indicateur Moovit de fréquentation quotidienne des TC (train, métro, tramway, bus) que nous fournissions initialement n’est plus mis à jour par l’entreprise depuis mi-juillet 2021. Nous avons donc dû supprimer cet indicateur du tableau de bord.
  • Les données sur le pôle de La Défense proviennent de 14 capteurs de comptage placés au niveau des points d’accès aux stations de La Défense (Grande Arche) et Esplanade de La Défense. Ces capteurs ont été installés en mars 2019 pour comptabiliser tous les entrants et sortants du pôle, dans le cadre d’une expérimentation sur le lissage des heures de pointe à La Défense. Cette expérimentation est menée depuis 2019 en partenariat avec la Région Île-de-France, Île-de-France Mobilités, Paris La Défense, la RATP, la SNCF et quatorze entreprises du territoire. La donnée présentée est le nombre total des entrants et sortants comptabilisés un jour ouvré en moyenne par semaine, hors vacances scolaires, week-end et jours fériés. Ces données ne reflètent pas l’affluence dans les transports, mais bien l’affluence au niveau des entrées et sorties des gares et stations de la Défense. La donnée est mise à jour à M+1 ou M+2.
  • Les données de comptages horaires de vélos à Paris sont en open data. Elles sont mises à jour à J+1. Début février 2021, on compte 69 compteurs, contre 17 en avril 2019. Pour pouvoir comparer l’évolution des trajets depuis avril 2019, alors que le périmètre des compteurs s’élargit mois après mois, nous analysons les comptages en moyenne. De plus, comme il y a de très nombreux dysfonctionnements de compteurs, il est nécessaire au préalable de bien apurer la BD.
    Dans les Hauts-de-Seine, les comptages vélos sont mis à disposition sur une plateforme publique de visualisation « d’éco-compteurs ». Pour tenir compte des dysfonctionnements et des ajouts de nouveaux compteurs, nous calculons la moyenne journalière de tous les compteurs en état de fonctionnement (56 compteurs au total en septembre 2021 dont 53 en fonctionnement). Comme à Paris, les données sont actualisées à J+1.
  • Les données d’usage du free-floating concernent quatre modes : la trottinette, le vélo, le scooter et l’auto-partage. Collectées par le bureau Fluctuo, elles ne deviennent  exhaustives qu’à partir de mai 2020. Elles sont obtenues selon trois sources (directement auprès des opérateurs, via des flux « open data » et via une analyse des applications mobiles des services concernés), agrégées par mode puis redressées. Les opérateurs partenaires sont : Bird, Dott, Jump, Lime, Tier et VOI (trottinettes), Bolt et Jump (vélos), Cityscoot et Troopy (scooters), Free2Move, ShareNow et Zity (auto-partage). NB : Les opérateurs de trottinettes Bird et VOI ne sont plus actifs depuis février 2021. Fin juin 2021, deux nouveaux services de scooters partagés, Yego et Cooltra, ont débarqué à Paris.
  • Les données des vols aériens, par jour au départ des aéroports franciliens, proviennent de la base Opensky-Network en opendata. Elles sont disponibles à M+1. Ces données sont relatives aux vols et non aux passagers et ne distinguent pas les avions de voyageurs des avions de marchandises.
  • Les données sur la présence des touristes internationaux proviennent des données mensuelles de transactions bancaires mises en open data par le groupe BPCE. Ces données sont remontées des terminaux de paiement et gardent la trace du pays d’origine du payeur. Elles sont ensuite redressées par pays d’origine à partir des données du CRT de 2019 pour en faire un indicateur de présence des touristes internationaux. Nous attirons l’attention sur le fait que cet indicateur n’est pas un indicateur de la mobilité des touristes internationaux en Île-de-France. Les dernières données disponibles datent d’août 2020 et n’ont pas été mises à jour depuis par le groupe BPCE. Le suivi de cette donnée est donc suspendu.
  • Les données PAM (Pour Aider à la Mobilité) nous sont fournies par chaque département, indépendamment les uns des autres, d’où une asynchronicité dans le recueil. PAM est un service départemental de transport à la demande, d’adresse à adresse. Réservé aux personnes handicapées (justifiant d’un taux d’invalidité d’au moins 80 %), il est assuré tous les jours de la semaine de 6 h à minuit (sauf le 1er mai), par du personnel spécialement formé et dans des véhicules adaptés. Ces services sont financés par les départements, la Région Île-de-France et Île-de-France Mobilités.
  • Enfin, Google met en open data les données de fréquentation issues des traces des smartphones Android. Les données montrent l'évolution du nombre de visiteurs par jour par rapport à un jour de référence (base 0) pour diverses catégories de lieux. Il s'agit d'un pourcentage d’évolution, en valeur relative, et non un nombre de visiteurs. Nous avons retenu quatre catégories de lieux sur les six disponibles : loisirs, culture et shopping ; achats essentiels ; parcs et jardins ; travail. Ces données donnent une indication sur l’évolution des motifs de déplacement. Il est à noter que Google met dans la catégorie "Achats essentiels" les commerces alimentaires et les autres produits essentiels (pharmacies). Concernant la catégorie "Loisirs, culture, shopping", les achats non essentiels sont pris en compte (vêtements par exemple). Les données sont fournies par Google à l’échelle régionale et par département. Elles sont mises à jour à J +3. Nous avons également utilisé les données de fréquentation aux arrêts de transports en commun pour estimer une courbe de tendance afin de prolonger les données du SIDV et avoir une prévision récente de la fréquentation dans les transports en commun.

Le calcul de l’indicateur de tendance mensuelle est basé sur les moyennes des semaines calendaires (hors week-end, jours fériés, congés) et non des jours du mois. Ainsi, si un mois commence par un mardi, nous incluons le lundi jour précédent dans la moyenne, et s’il finit par un jeudi, nous incluons le vendredi 1er du mois suivant.