Quelle sensibilité de l’industrie francilienne face au coût de l’énergie ?

27 février 2026ContactThierry Petit

Cette étude se place dans un contexte de hausse durable et de forte volatilité des prix de l’électricité et du gaz, accentué par les crises internationales récentes (guerre en Ukraine et dernièrement le conflit avec l’Iran et ses conséquences) et au niveau national la fin de l’ARENH en 2026. Elle met en lumière la vulnérabilité de l’industrie francilienne face au coût de l’énergie, avec un focus particulier sur les PME et les territoires franciliens.

Depuis 2007, les hausses de prix ont touché plus sévèrement les petits consommateurs : pour l’électricité, les faibles puissances ont subi une augmentation d’environ +185 %, contre +39 % pour les plus gros consommateurs ; pour le gaz, la hausse atteint +143 % pour les petites consommations. Ces écarts traduisent un désavantage structurel des petites entreprises, dotées d’un faible pouvoir de négociation et de marges limitées.

Notre approche repose sur un indice de sensibilité au coût de l’énergie, rapportant les consommations énergétiques à l’excédent brut d’exploitation. Cette approche met en évidence que la vulnérabilité ne concerne pas seulement les industries énergo-intensives. L’analyse fait ressortir quatre niveaux de sensibilité, dont le plus élevé est qualifié de hautement sensible. Les secteurs hautement sensibles sont la métallurgie et la cokéfaction-raffinage ; les secteurs très sensibles incluent la chimie, les produits minéraux non métalliques et le papier-carton. Les industries agroalimentaires, très présentes en Île-de-France, relèvent majoritairement d’une sensibilité moyenne.

En Île-de-France, 42 % des emplois industriels (environ 182 000 salariés) et près de 60 % des établissements industriels employeurs sont exposés au coût de l’énergie. Près de 50 000 emplois se situent dans des activités très (ou hautement) sensibles, plus fragiles en cas de nouveau choc énergétique.

La vulnérabilité présente une forte dimension territoriale : 60 % des intercommunalités franciliennes sont jugées vulnérables, principalement en grande couronne (Seine-et-Marne, Val-d’Oise, Yvelines), où l’industrie pèse davantage dans l’emploi local et où le risque peut être concentré sur un nombre limité d’établissements.

Les PME industrielles sont particulièrement exposées : 55 % des PME employeuses sont sensibles au coût de l’énergie, notamment dans les activités de proximité, comme les boulangeries-pâtisseries, caractérisées par de faibles marges et une forte dépendance aux prix de l’énergie.

L’étude souligne enfin la nécessité d’actions ciblées : développement d’énergies locales et de l’autoconsommation, mutualisation des achats d’énergie, accompagnement des PME dans le choix des contrats, et poursuite des stratégies de réindustrialisation et de transition énergétique pour réduire la vulnérabilité du tissu industriel francilien aux coûts importés.

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