Description du territoire et de la banlieue de Paris, Jean Boisseau

Année de parution : 1640

25 juillet 2019

Échelle : 1/100 000   Format : 52 x 40 cm

Novvelle description dv territoire et Banlievée de la Ville Citté et Universités de Paris par Jean Boisseau enlumineur du Roy pour les Cartes géographiques sur le pont au change à Paris.

Jean Boisseau, « enlumineur du roi [Louis XIII] pour les cartes géographiques », reste un personnage mal connu, auteur de nombreuses cartes écclésiastiques. Avec sa carte datant de 1640, Nouvelle description du territoire et Banlieuée de la Ville Citté... », il est le premier à employer, associé à Paris, le terme de « banlieue », qui devient ainsi un terme concurrent de celui d'« environs de Paris », même si les deux concepts sont différents. L'évolution est importante et marque un tournant. Parler des environs, c'est se positionner par rapport à un espace géographique ; parler de banlieue procède d'une démarche administrative. Le ban, c'est le ressort. Il s'agit du territoire placé dans l'orbite de Paris, dont les règlements s'imposent dans le souci d'une gestion commune. La carte de Boisseau délimite la banlieue au sein d'un ensemble plus vaste allant de Poissy à Nogent et de Saint-Denis à Antony. On note que Vincennes et Saint-Denis sont exclues du périmètre de la banlieue, la première localité étant le siège du château royal, la seconde étant une ville autonome par rapport à Paris. Cette carte topographique est très intéressante non seulement par la finesse de son dessin, qui permet d'esquisser des éléments de relief, mais aussi par les connaissances qu'elle offre de la région parisienne en cette première moitié du XVIIe siècle. Le réseau routier est explicite, figurant les principales grandes voies et les grands axes parisiens (notamment le double tracé nord-sud) aussi bien que les ponts et certains bacs ainsi que les routes qui traversent bois et forêts. Les portes de Paris sont présentes, notées de A à Q, qui permettent d'esquisser un premier état de l'extension parisienne, qui continuera durant tout le règne de Louis XIV. Le faubourg Saint-Antoine est aussi très visible. Comparativement à la Description générale de l'Élection de Paris, datée de seulement de dix années antérieures (1630), on a changé d'époque. On s'est éloigné de la vision archaïque du début du règne de Louis XIII, qui renvoie à une France encore soumise aux anciennes circonscriptions judiciaires féodales (châtellenies). Pourtant, la carte de 1630 est importante par certains détails qu'elle fournit concernant la manière dont le territoire est appréhendé. Les ponts sont portés, ainsi que certaines îles en aval de Paris, sur la Seine et la Marne. On peut souligner l'intéressant petit détail, situé dans le coin gauche de la carte, qui permet de prendre en compte le cours supérieur de l'Orge et de l'Essonne, deux rivières qui ont à l'époque un grand rôle économique, puisqu'elles assurent l'acheminement vers la Seine amont d'une partie des céréales de la Beauce.

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