L'atlas des sols
L’Atlas des Sols de l’Essonne et ses déclinaisons intercommunales ont été réalisés dans le cadre de la convention qui lie le Département de l’Essonne et L’Institut Paris Region. Ils sont le fruit de quatre années de travail partenarial qui ont permis de faire progresser la connaissance sur l’évolution de l’occupation des sols en Essonne, et les enjeux environnementaux et d’aménagement associés. La publication et la mise à disposition de l’Atlas des Sols s’intègrent dans la démarche de lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain pour contribuer à l’objectif Zéro Artificialisation Nette, initiée dès 2020 par le Conseil Départemental de l’Essonne. Alors que le Schéma Directeur de la Région Île-de-France, qui fixe la trajectoire francilienne vers l’objectif ZAN, est entré en vigueur le 10 juin 2025, il s’agit de mettre à la disposition de l’ensemble des intercommunalités et communes de l’Essonne, les données les plus précises disponibles à l’échelle régionale pour une déclinaison qualitative de cet objectif majeur dans le cadre de la révision des documents d’urbanisme. L’Atlas des Sols peut être décliné pour l’ensemble des autres territoires franciliens dans le cadre du programme partenarial via une adhésion à L’Institut Paris Region.
L’Atlas des Sols est pensé comme une collection de cartes et de graphiques utiles à la planification urbaine dans la lutte contre l’artificialisation, la préservation et la restauration des sols et de leurs fonctions. Il se structure en 5 parties, elles-mêmes sous-divisées en indicateurs :
- La description du territoire (occupation des sols, unités paysagères, reliefs et hydrographie, nature des sols et des sous-sols).
- Les dynamiques d’évolution de l’occupation des sols (approche historique, focus sur la période 2012-2021 en termes de recyclage urbain, de consommation d’espace, de renaturation, d’échange entre espaces naturels, agricoles et forestiers ou encore de disparitions et d’apparitions d’espaces ouverts urbains).
- La sobriété foncière (efficacité de l’urbanisation résidentielle, modes de production et densité des extensions urbaines résidentielles, sous-utilisation des logements, efficacité de l’urbanisation économique, caractérisation du foncier économique).
- Les enjeux écologiques liés à la préservation des sols (végétation et pleine terre, trames vertes et bleues, périmètres de protection et d’inventaire, compensation écologique, trame des milieux humides, stockage de carbone dans les sols).
- Les enjeux de résilience liés à la préservation des sols, et les services écosystémiques associés (îlots de chaleur urbain, feux de forêts, inondations par débordement des cours d’eau et ruissellement, enjeux agricoles, accès et carence en espaces verts, retrait et gonflement des argiles, ressources et patrimoine géologique, patrimoine archéologique).
Chaque indicateur correspond à une cartographie, et, le cas échéant, à un graphique, permettant ainsi d’associer la lecture spatiale avec une lecture quantitative pour qualifier les enjeux. L’Atlas est décliné à deux échelles :
- Départementale, échelle à laquelle les graphiques permettent de restituer les indicateurs à l’échelle intercommunale. Pour les intercommunalités s’étendant sur deux départements, les chiffres présentés ne traduisent les phénomènes qu’à l’échelle des communes situés dans le département étudié.
- Intercommunale, échelle à laquelle les graphiques permettent de restituer les indicateurs à l’échelle communale.
Par un jeu de lecture croisée des deux échelles, l’Atlas permet ainsi d’articuler l’analyse des enjeux à l’échelle d’un territoire (quels sont les enjeux à l’échelle du département ou de l’intercommunalité, et quels sont les communes ou secteurs les plus concernés ?), avec la comparaison de ce territoire avec ses voisins (comment mon intercommunalité ou ma commune se situe-t-elle par rapport à sa voisine ?).
Pour chaque indicateur, l’Atlas intègre un paragraphe explicatif des données mobilisées, des précautions à leur lecture, et des enjeux d’aménagement, de préservation ou de restauration associés. Toutefois, l’Atlas ne présente aucune analyse des cartes ou graphiques présentés, laissant cette interprétation au lecteur.
L’objectif Zéro Artificialisation Nette : vers un développement territorial sobre et respectueux des sols
L’objectif « Zéro Artificialisation Nette » (ZAN) est entré dans le code de l’Urbanisme à la suite de la loi du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite Loi Climat et Résilience. Le ZAN s’empare du double défi de l’érosion de la biodiversité, dont la destruction et l’artificialisation des milieux naturels est une des cinq causes majeures, et de l’étalement urbain (croissance des espaces urbanisés décorrélée du rythme de croissance démographique et économique), qui accroît la consommation énergétique, les dépenses publiques, la ségrégation, et nourrit le déclin des centres et de l’activité agricole.
A travers la notion d’artificialisation, définie comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage », le ZAN invite à changer de regard sur les sols, pour les considérer non plus comme de simples supports pour les activités humaines, mais comme un milieu et une ressource à préserver et restaurer. L’objectif est de réduire le rythme de l’artificialisation nette décennie par décennie pour atteindre la neutralité foncière, c’est-à-dire l’équilibre entre les flux d’artificialisation et les flux de renaturation, en 2050.
Les indicateurs présentés dans l’Atlas des sols peuvent être lus comme les leviers et marges de manœuvre dont dispose un territoire pour s’engager dans l’objectif Zéro Artificialisation Nette. Après une étape de diagnostic, qui permet de mettre en avant les principaux défis posés par l’artificialisation sur le territoire (partie 2, « Dynamiques d’évolution de l’occupation des sols ») dès lors il s’agit de trouver les moyens :
- D’éviter l’artificialisation des sols, en commençant par requestionner les besoins du territoire, qui doivent être qualifiés au regard des dynamiques démographiques réelles, et en cherchant à répondre à ces besoins en priorité dans les enveloppes bâties existantes (recyclage des friches, intensification de l’usage des équipements existants, remobilisation des bâtiments vacants, pour lesquels la présence de logements vacants est qualifiée dans la partie 3 « Sobriété foncière »).
- De réduire l’artificialisation, en répondant en priorité aux besoins dans la tâche urbaine tout en visant des formes urbaines compactes et denses, en renouvellement urbain comme en extension (partie 3 « Sobriété foncière », indicateurs relatifs aux modes de production des logements et à la densité des extensions urbaines, ainsi qu’à la caractérisation du foncier économique). La réduction des impacts de l’artificialisation doit être recherchée en préservant les sols les plus fonctionnels, d’un point de vue écologique (partie 4 « Enjeux écologiques » relatifs à la biodiversité, aux milieux humides ou encore à la séquestration de carbone dans les sols) comme d’un point de vue anthropique, y compris dans les espaces urbanisés (partie 5 « Services écosystémiques et risques », indicateurs traitant des vagues de chaleurs, des risques d’incendies, des inondations, des enjeux agronomiques, de l’accès aux espaces verts, du retrait et gonflement des argiles, ou encore des ressources géologiques, des patrimoines géo- et archéologiques).
- De viser une compensation des impacts générés par l’artificialisation résiduelle, à travers la renaturation, les espaces propices à la renaturation pouvant être appréhendés à l’aide des cartes sur les trames écologiques et les milieux humides (partie 3 « Enjeux écologiques »), sur les vagues de chaleurs, les risques d’inondations, ou encore la carence en espaces verts (partie 5 « Services écosystémiques et risques »).
Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France Environnemental, nouveau cadre de l’aménagement francilien à horizon 2040
L’élaboration de trajectoires de sobriété foncière à l’échelle des SCoT et des PLU(i) est cadrée par la planification régionale. Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France Environnemental (SDRIF-E) est en vigueur depuis le 10 juin 2025. Il fixe une trajectoire régionale de réduction du rythme annuel moyen de la consommation d’espace, puis de l’artificialisation de -176 hectares par décennie. Cela se traduit par des enveloppes de capacités d’urbanisation à ne pas dépasser à horizon 2040 à l’échelle locale. Les SCoT et PLU(i) définissent ainsi leur propre trajectoire de sobriété foncière dans les limites de ces capacités d’urbanisation. Ces capacités sont soit cartographiées (secteurs d’urbanisation préférentiels, secteurs de développement industriel d’intérêt régional), soit non cartographiées (capacités accordées aux villes moyennes, petites villes et communes rurales, au titre des polarités, au titre des gares, hectare communal garanti et hectare supplémentaire potentiel pour les communes carencées au titre de la loi SRU). Une enveloppe régionale est également prévue pour permettre de réaliser un certain nombre d’installations liées à la transition environnementale (production d’énergie, réseaux, eau et assainissement, gestion des déchets, rétablissement de continuités écologiques), certaines infrastructures de transports listées dans le document, ainsi que des grands équipements sportifs.
Le SDRIF-E est consultable sur les sites internet de la Région Île-de-France et de L’Institut Paris Region. Le site internet de L’Institut Paris Region héberge également deux outils d’aide à l’application réglementaire du schéma régional :
- Le SDRIF-Explorer, cartographie interactive permettant la visualisation des cartes à l’échelle de différents périmètres, l’articulation avec les orientations réglementaires et la mise à disposition de données complémentaires et spécifiques au schéma.
- Les fiches-guide des orientations réglementaires visant à faciliter la traduction du projet régional et de ses objectifs dans les documents d’urbanisme locaux.
Le MOS, donnée de référence sur l’occupation des sols et son évolution en Île-de-France
La mise en œuvre de l’objectif ZAN dans les documents d’urbanisme fait appel à plusieurs notions :
- Dans un premier temps (2021-2031), la trajectoire de sobriété foncière est évaluée à l’aune de la notion de consommation d’espace, définie comme « la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné ». Il s'agit donc de la conversion d'espaces naturels, agricoles ou forestiers en espaces urbanisés.
- A partir de 2031, c’est l’artificialisation qui doit être décomptée (L’article R 101-1 du code de l’urbanisme et son annexe précisent la nomenclature de l’artificialisation des sols qui entre en vigueur à compter de 2031), en considérant comme :
- artificialisée une surface dont les sols sont soit imperméabilisés en raison du bâti ou d’un revêtement, soit stabilisés et compactés, soit constitués de matériaux composites ;
- non artificialisée une surface soit naturelle, nue ou couverte d’eau, soit végétalisée, constituant un habitat naturel ou utilisée à usage de cultures.
Différentes bases de données permettent de mesurer la consommation d’espace à l’image des Fichiers Fonciers retraités par le Cerema et du Mode d’Occupation des Sols (MOS) de L’Institut Paris Region, tandis que l’Occupation des Sols à Grande Echelle (OCS-GE), développée par l’IGN doit à termes permettre de mesurer l’artificialisation des sols. Toutefois, les collectivités sont libres du choix de la donnée pour mesurer la consommation d’espace et l’artificialisation, à condition de respecter les définitions et nomenclatures réglementaires.
Le Mode d’Occupation des Sols, qui a été utilisé de façon transversale dans le SDRIF-E et sa cartographie réglementaire, constitue la donnée de référence sur l’occupation des sols et son évolution en Île-de-France. Outre la mesure de la consommation d’espace, il permet d’analyser l’ensemble des mécanismes d’évolution de l’occupation des sols : renouvellement urbain, renaturation, échanges entre espaces naturels, agricoles et forestiers. Sa nomenclature, qui va de 11 à 81 postes de légendes, reflète les spécificités de l’occupation des sols en Île-de-France. Lors de sa mise à jour de 2026 (livraison du millésime 2025), il sera mis à niveau pour avoir la capacité de mesurer l’artificialisation conformément à la loi. C’est pourquoi le MOS est largement utilisé dans cet Atlas..
Cette étude est reliée aux catégories suivantes :
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