-  ÉDITION 2025  -

L’Institut Paris Region publie la quatrième édition du « Baromètre des Franciliens » lancé en 2020 pour suivre les évolutions des modes de vie et des aspirations des habitants d’une grande région ouverte sur le monde mais percutée par les défis contemporains. Réalisée auprès de 3 002 résidents de l’Île-de-France, âgés de 18 à 75 ans, du 18 juin au 18 juillet 2025, cette enquête vient confirmer de grandes tendances, à l’instar d’attentes claires et fortes vis-à-vis de la puissance publique pour accompagner l’évolution des modes de déplacement, mais aussi de pratiques qui s’ancrent, comme le recours raisonné mais en voie de généralisation au télétravail. Avant de détailler les résultats thématiques, en voici quelques enseignements transversaux.
Des Franciliens entre affirmation de la sphère privée et inquiétudes de la fin du mois
Le « Baromètre » vise avant tout à mesurer les attentes et les comportements des Franciliens par rapport à de grandes thématiques de politiques publiques : environnement, mobilités, travail, logement et santé. Mais il permet aussi d’approcher les représentations et les systèmes de valeurs dans lesquels s’insèrent ces positionnements et pratiques. Sans surprise, l’état d’esprit des habitants de la région y apparaît pour le moins contrasté.
En continuité avec les éditions précédentes, l’enquête 2025 confirme que les valeurs positives et la confiance en l’avenir l’emportent chez les interrogés. Ainsi, à la question « Selon vous, qu’est-ce qui est le plus important pour avoir une vie réussie ? » arrivent toujours largement en tête les réponses « Avoir une famille heureuse » puis « Avoir du temps libre pour profiter de la vie ». Mais, dans le même temps, des positionnements moins idéalistes semblent devenir progressivement plus prégnants. Contrairement à 2023, la réponse « Vivre en conformité avec ses convictions ou avec sa foi » est évincée par l’importance d’« Avoir de l’argent ». On enregistre également une montée en puissance des inquiétudes plus individuelles et plus immédiates. Parmi les préoccupations des Franciliens, la fin du monde est bien supplantée par les fins de mois : « l’amélioration du pouvoir d’achat » est passée, entre 2021 et 2022, de la huitième à la première place des « problèmes » identifiés par les enquêtés (25 % des répondants). Dans le même temps, la lutte contre le changement climatique dégringole par rapport à 2023, citée par seulement 19 % des interrogés en 2025 (contre 27 % en 2022), à égalité avec la lutte contre la délinquance, propulsée, en quatre ans, de la sixième à la deuxième place. À noter également que la progression la plus importante concerne la préoccupation relative à « La réduction du déficit public et/ou la dette de l’État », avec +8 points depuis le « Baromètre » précédent.
Des spécificités franciliennes ?
Si notre enquête n’a pas vocation à comparer l’Île-de-France avec le reste du pays, force est de constater que ces tendances apparaissent plutôt cohérentes avec les mesures existantes à l’échelle nationale. Par exemple, les résultats de la dernière édition de l’enquête « Fractures françaises »1 établissent le même constat d’une tension entre situations établies et perception des évolutions en cours. À la question « Dans quelle mesure êtes-vous satisfait de la vie que vous menez ? » plus de la moitié des Français interrogés répondent par une note supérieure à la moyenne, et seulement 11 % se disent insatisfaits. Mais, dans le même temps, 90 % considèrent que « La France est en déclin », une opinion en hausse de 21 points par rapport à juin 2017. De même, les difficultés déclarées en matière de pouvoir d’achat, avant toute autre chose, et les inquiétudes en forte hausse quant au risque de guerre révèlent des préoccupations très concordantes dans la région capitale et dans le reste de l’Hexagone.
Pourtant la société francilienne a ses spécificités : les modes de vie et les besoins exprimés quant à l’action publique résonnent avec le contexte d’un espace densément urbanisé, économiquement dynamique, mais socialement fragmenté. Les difficultés rencontrées y apparaissent comparables à celles déclarées par l’ensemble des Français, mais selon des déterminants un peu différents. Par exemple, l’enquête « Fractures françaises » dénombre un tiers de répondants au niveau national ayant renoncé à des décisions liées à leur santé du fait de leur lieu de vie. À travers le « Baromètre des Franciliens », on lit qu’un tiers des habitants de l’Île-de-France auraient renoncé, retardé ou annulé des soins dans l’année précédente. Mais le motif principal est financier ; vient ensuite la disponibilité des praticiens, sensiblement devant l’accessibilité physique, ce qui confirme les caractéristiques propres du « désert médical » francilien documenté par l’Observatoire régional de santéÎle-de-France2.
La tendance francilienne la plus forte que l’on retient de cette édition du « Baromètre » est peut-être la perception d’une société qui se bloque. L’Île-de-France, région métropolitaine connectée au monde et caractérisée par un brassage de populations — venues en premier lieu du reste de la France pour y étudier, trouver un emploi, avant de poursuivre ailleurs leur parcours professionnel — est historiquement marquée par une mobilité résidentielle plus élevée que dans le reste du pays3. Pourtant, notre enquête mesure que si les volontés de déménager se maintiennent à un haut niveau (environ un tiers des répondants), la concrétisation ne concerne qu’une minorité toujours plus faible (6 %). De même, si un Francilien interrogé sur trois ambitionne de changer d’emploi, à peine plus de 10 % envisagent réellement les moyens de cette mobilité.
Les Franciliens : diversité et convergences
Pour autant, est-il pertinent de parler de tendances franciliennes ? Malgré un périmètre régional peu étendu, les territoires et les modes de vie y sont très divers, allant de l’extrême densité parisienne aux espaces périurbains et ruraux, en passant par les villes de l’agglomération et de son pourtour. Les sujets de mobilité et d’environnement apparaissent tout indiqués pour caractériser les fractures internes à l’Île-de-France. Ainsi, les habitants de la grande couronne souhaitent à 46 % une amélioration de la fluidité de la circulation routière, contre 36 % des Parisiens. Mais ces derniers sont 34 % à prioriser la réduction de la circulation automobile, à l’inverse de 24 % des Franciliens qui résident à distance du centre de la région. Alors que la moitié des jeunes Franciliens âgés de 18-24 ans plébiscitent les véhicules les moins polluants, les seniors affichent une tout autre priorité : seuls 24 % des 65 ans et plus partagent cette opinion, révélant un certain fossé générationnel.
Il faut cependant noter que, si les différences territoriales et générationnelles se traduisent dans les résultats de l’enquête, le critère social en revanche n’apparaît pas toujours déterminant. Les priorités identifiées sur ces mêmes questions arrivent dans le même ordre pour les répondants appartenant aux professions et catégories socioprofessionnelles « supérieures » ou non. Surtout, une vision dynamique dans le temps révèle des tendances à l’œuvre plutôt comparables partout en Île-de-France. Par exemple, entre 2022, 2023 et 2025, les répondants de banlieue et de grande couronne donnent une priorité en hausse sensible aux actions favorisant la marche et la limitation de la vitesse maximale autorisée à 30 km/h en ville. Ces deux objectifs, liés au cadre de vie local, recueillent également une adhésion croissante chez la majorité des groupes d’âge, notamment parmi les interrogés les plus âgés.

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Du point de vue des préoccupations écologiques, l’année 2025 est marquée par un ralentissement de la conscience climatique. Tout en restant élevée dans la liste des préoccupations, la lutte contre le changement climatique passe désormais au second plan dans une actualité dominée par la montée des tensions internationales et géopolitiques, ainsi que par la question du déficit public de la France.

La moindre importance accordée aux enjeux climatiques se reflète dans les préoccupations des Franciliens. En 2025, 19 % des Franciliens comptent la lutte contre le changement climatique parmi leurs deux principales préoccupations, soit un recul de 7 points par rapport à 2023 et de 8 points par rapport à 2022. Sur la même période (2022-2025), la part de Franciliens estimant la réduction du déficit public de la France comme une préoccupation principale est passée de 6 % à 14 %. Si 81 % des Franciliens continuent de considérer la lutte contre le changement climatique comme un enjeu prioritaire ou important, ils sont cependant moins nombreux qu’en 2023 (-4 points). Ce n’est qu’à Paris que l’action climatique reste la préoccupation la plus forte (25 %, contre 20 % en petite couronne et 16 % en grande couronne).

1%

des Franciliens

estiment que la lutte contre le changement climatique est un enjeu prioritaire pour l’action publique.

Peu d’évolution dans la compréhension des causes humaines du changement climatique

Pour autant, cette baisse de la crise climatique dans l’ordre des priorités ne signifie pas un recul de la compréhension du phénomène. La part de Franciliens qui adhérent à l’état des connaissances scientifiques sur l’origine humaine du changement climatique reste stable entre 2023 et 2025. De même, la part des Franciliens estimant avoir un bon niveau d’information sur le changement climatique demeure stable, autour de 62 % des répondants.
Cependant, ceux qui réfutent la responsabilité humaine dans la crise climatique semblent le faire avec plus de certitude : 69 % des personnes qui ne sont plutôt pas d’accord avec cette affirmation se considèrent bien informées sur le changement climatique, contre seulement 59 % en 2023.

Ce que dit le GIEC

« Les augmentations des concentrations de gaz à effet de serre [...] dans l’atmosphère observées depuis environ 1750 résultent sans équivoque des activités humaines. » Le GIEC indique par ailleurs que l'augmentation de la température due aux activités humaines entre la période 1850-1900 et celle de 2010-2019 est comprise entre 0,8 °C et 1,3 °C, tandis que l'effet des facteurs naturels sur cette même durée se situe entre -0,1 °C et +0,1 °C.

Source : GIEC, 6e rapport d’évaluation, Contribution du groupe de travail 1 sur les bases physiques du changement climatique, p. 425, 2021 (en anglais) | Version française

Les Franciliens partagés sur les réglementations à visée environnementale

La baisse de l’inquiétude liée à la crise écologique exprimée par les Franciliens se traduit aussi par une moindre adhésion à certaines politiques visant à lutter contre le changement climatique. Il s’agit surtout des actions visant à limiter le recours à la voiture thermique : ainsi 43 % des Franciliens estiment souhaitable l’interdiction des véhicules thermiques, soit un recul de 7 points par rapport à 2022.
L’adhésion au développement des énergies renouvelables a également reculé de 4 points par rapport à 2022, même si elle reste souhaitable pour une grande majorité de Franciliens (79 %). À l’inverse, l’acceptabilité de l’abaissement de la vitesse de circulation a augmenté de 2 points entre 2025 et 2022 et est désormais soutenue par 48 % des répondants.
Enfin, malgré les débats provoqués par l’entrée en vigueur des premières interdictions de mise en location des passoires thermiques, les Franciliens restent majoritairement favorables (77 % des locataires, 64 % des propriétaires) à l’obligation de rénovation des propriétaires. Par rapport à 2023, cette mesure a gagné 3 points chez les propriétaires et est restée stable chez les locataires.

L’adoption des écogestes individuels plus ou moins facilitée selon les territoires

Les actions individuelles les plus plébiscitées par les Franciliens restent les comportements vertueux adoptés au sein de leur logement. Plus de la moitié des répondants déclarent veiller à éteindre leurs appareils électriques (56 %) ou baisser la température de leur logement (52 %). Ces écogestes sont un peu moins déclarés qu’en 2023, à mettre en lien avec la baisse du prix de l’énergie.
Les évolutions de comportements relatifs aux modes de consommation restent moins visibles (vêtements de seconde main, produits sans emballage, produits bio…) et semblent surtout conditionnées à l’offre en produits plus respectueux de l’environnement. Ainsi, les Parisiens sont plus nombreux à orienter leurs achats vers ce type de produits, du fait d’une disponibilité plus importante de magasins bio, vrac ou friperies dans la capitale.
À l’inverse, leur bilan carbone est davantage impacté par les déplacements en avion, avec une part de répondants disant ne pouvoir se passer des voyages aériens de 26 %, contre 21 % pour les autres Franciliens. Les habitants des départements de grande couronne sont moins nombreux à se déplacer en avion, 35 % d’entre eux déclarent ne jamais le prendre.

LES DÉPLACEMENTS

Les conséquences du changement climatique s’incarnent chaque année de plus en plus concrètement dans notre quotidien, et le besoin de faire évoluer nos modes de vie, particulièrement en matière de déplacements, se fait de plus en plus évident. Le secteur des transports représente à lui seul un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Les Franciliens sont prêts à modifier leurs habitudes, mais ils attendent également de la puissance publique qu’elle soit en première ligne pour les accompagner dans ces changements. Ils manifestent en ce sens des attentes très fortes, qui peuvent toutefois varier selon l’âge ou les lieux de vie.

Le développement des transports en commun  : la priorité des Franciliens

Le développement de l’offre de transports en commun et l’amélioration de la fluidité routière s’affirment, année après année, dans notre « Baromètre » comme les deux priorités cardinales des Franciliens en matière de mobilité. Un résultat qui n’a rien de surprenant, dans la mesure où 90 % des distances parcourues par les Franciliens dans leurs déplacements quotidiens le sont en voiture ou en transports en commun.
Parmi les autres mesures plébiscitées, on retrouve celles visant à favoriser les véhicules moins polluants, celles promouvant l’aménagement de l’espace public pour favoriser la marche, le recours au télétravail (pour limiter les déplacements) ou encore le développement des parcs de stationnement à proximité des gares.
L’année 2025 est marquée par un regain d’intérêt pour les véhicules moins polluants. Si la pertinence des solutions pour y parvenir, et particulièrement celles des ZFE, a enflammé les débats ces derniers temps, force est de constater que l’objectif de transformation technologique du parc reste prégnant. Plus intéressant encore, cette mesure, traditionnellement portée plutôt par les plus jeunes ou les résidents du centre de l’agglomération, devient plus œcuménique, avec une progression sensible dans les autres classes d’âge (à l’exception des plus âgés), tandis que les différences entre couronnes de résidence s’estompent, voire s’inversent. Les résidents de petite couronne citent désormais cette mesure plus souvent que les Parisiens.
Inversement, le développement des parcs relais est en 2025 moins mis en avant, avec des baisses sensibles parmi les résidents de petite et grande couronne. Cela peut s’expliquer par l’adoption et la crédibilisation d’autres solutions pour le rabattement en gare : bus évidemment, mais également vélo et trottinettes.
Si les écarts s’amenuisent sur nombre de mesures, les priorités continuent néanmoins de différer selon les territoires de résidence des répondants. Tous placent en tête le développement de l’offre de transports publics et l’amélioration de la fluidité routière. Mais les transports en commun sont d’autant plus priorisés que l’on réside à Paris ou en petite couronne.
Les Parisiens se distinguent également en plaçant les mesures en faveur de la marche sur un pied d’égalité avec celles visant à fluidifier ou réduire le trafic automobile. En petite couronne, l’attrait pour la marche progresse également et est aussi fréquemment évoqué que la question des véhicules moins polluants.

En grande couronne, la situation reste toujours un peu plus équilibrée : les Franciliens y résidant considèrent qu’il faut développer l’offre de transports en commun et améliorer la circulation dans des proportions assez proches. Vient ensuite la question du renouvellement du parc automobile pour des véhicules moins polluants. À leurs yeux, et même si ces mesures sont moins souvent citées qu’auparavant, le renforcement du stationnement à proximité des gares ainsi que le recours au télétravail et aux téléservices continuent de constituer deux leviers importants pour améliorer les conditions de déplacement en Île-de-France. Un peu moins souvent évoquée, la marche n’est pour autant pas oubliée, de même que le développement du vélo qui reste une solution envisagée par les habitants de grande couronne, puisque 18 % d’entre eux soutiennent la création d’aménagements cyclables sécurisés.

Offrir un cadre collectif permettant la concrétisation des volontés de changement individuelles

Lorsque l’on s’intéresse à ce que les Franciliens envisagent pouvoir faire individuellement pour améliorer la situation, on note un regain d’intérêt pour les solutions personnelles par rapport à la précédente édition de notre « Baromètre ». En 2023, ces intentions s’essoufflaient, en 2025 elles retrouvent de la vigueur. La quasi-totalité des mesures proposées recueille un peu plus de suffrages en 2025, mais certaines se distinguent particulièrement. Par exemple, « utiliser davantage les transports en commun » gagne 5 points et est désormais première ex aequo avec « utiliser davantage la marche ». La perspective de « réduire le nombre de [ses] déplacements » augmente de 3 points, tandis que celle de « réduire la distance [de ces derniers] » progresse de 5. « Décaler [ses] déplacement en dehors de heures de pointe » progresse de 4 points.
De très nombreux Franciliens sont prêts à se mobiliser et à modifier leurs habitudes : la moitié d’entre eux se voit marcher davantage ou utiliser plus souvent les transports en commun. Un tiers est prêt à décaler ses horaires pour limiter la saturation des réseaux aux heures de pointe. Un quart se dit prêt à utiliser davantage le vélo ou à réduire ses distances parcourues.

Bénéficiant d’une offre de mobilité plus diversifiée et plus dense, ce sont fort logiquement les personnes résidant à Paris et en petite couronne, qui adhèrent le plus aux alternatives modales que sont les transports en communs, la marche et le vélo. En grande couronne, c’est la réduction des déplacements qui est plus souvent évoquée.
À ces différences géographiques s’ajoutent des différences générationnelles importantes : les jeunes sont nettement plus enclins que leurs aînés à réduire le nombre et la distance de leurs déplacements. Ils plébiscitent également le vélo ou l’usage de véhicules électriques, alors que les plus âgés continuent de privilégier la marche.

LE TÉLÉTRAVAIL

En 2025, 46 % des actifs franciliens travaillent à distance au moins un jour par semaine. Depuis deux ans, la pratique est stable, mais l’intensité du télétravail faiblit un peu :  le nombre moyen de jours télétravaillés par semaine diminue légèrement. Cette inflexion pourrait être le résultat d’une régulation du télétravail dans de grandes entreprises.

La pratique du télétravail s’est développée avec la pandémie puis s’est diffusée. De nos jours, un peu plus d’un tiers des actifs franciliens télétravaillent régulièrement toute l’année, et 11 % télétravaillent par périodes. La part de ceux qui « ne télétravaillent jamais » est désormais de 38 %, contre 58 % avant la pandémie. Le télétravail ponctuel, moins de 10 jours par an, ou encore le surtravail à domicile, assimilable à du télétravail sont stables, respectivement 9 % et 7 %. La part des Franciliens qui télétravaillent régulièrement est globalement stable depuis deux ans (46 %).

Une intensité de télétravail en léger recul

En 2025, la pratique hebdomadaire du télétravail amorce un très léger recul. Le nombre moyen de jours, qui s’élevait à 2,6 jours en 2021 puis s’est contracté à 2,1 jours par semaine en 2022 et 2023, est désormais de 2 jours. En revanche, la part des actifs en 100 % télétravail reste stable (8 %). Télétravailler deux, trois ou quatre jours par semaine est en léger recul.
Entre 2023 et 2025, selon le « Baromètre des Franciliens », dans les entreprises de plus de 5 000 salariés, la part des actifs télétravaillant régulièrement a diminué de 4 points et le nombre moyen de jours est passé de 2,2 à 2 jours par semaine.
Parmi les actifs qui ne télétravaillent pas, 11 % déclarent que c’est « de leur fait », contre 7 % en 2023. Certains salariés pourraient réduire leur pratique de télétravail pour être en contact direct avec les collègues, diminuer la facture énergétique ou bénéficier de la climatisation… Le principal motif évoqué comme frein au télétravail ne change pas, et il est logiquement « la nature de l’activité ».
Depuis la pandémie, la pratique intensive du télétravail (3 jours ou plus par semaine) a significativement diminué, alors que la pratique modérée (1 ou 2 jours par semaine) a progressé fortement (de 39 % à 60 %).

Le télétravail progresse dans l’enseignement et le commerce

L’information-communication, les activités financières et d’assurance, les activités spécialisées scientifiques et techniques (respectivement 73 %, 68 % et 66 % des actifs télétravaillent régulièrement en 2025) sont trois secteurs économiques qui demeurent au fil des éditions du « Baromètre des Franciliens » les plus ouverts et adaptés au télétravail. Dans les activités financières et d’assurance, la part des télétravailleurs réguliers a cependant diminué de 9 points entre 2023 et 2025.
Les secteurs économiques les moins utilisateurs du télétravail sont ceux impliquant un lien direct avec des clients ou des patients. Dans la santé et l’action sociale (22 %), l’hébergement et la restauration (24 %) ou encore l’enseignement (25 %), la part des actifs qui télétravaillent régulièrement est deux fois plus faible que la moyenne francilienne. L’usage du télétravail dans les activités d’enseignement a néanmoins augmenté de 5 points entre 2023 et 2025. Elle augmente également dans le commerce.
Le télétravail est particulièrement développé chez les cadres (68 % télétravaillent régulièrement). La pratique progresse légèrement parmi les artisans-commerçants et les employés (44 % et 32 %).

1%

des personnes interrogées

indiquent télétravailler habituellement le vendredi (en 2025)

Le vendredi rattrapé par le mercredi

Plus de la moitié des actifs qui télétravaillent au moins un jour par semaine le font le vendredi. Télétravailler le mercredi (43 %) est plus fréquent en 2025 qu’en 2023 et 2022 (39 %).

La présence de jeunes enfants dans le foyer favorise le télétravail :

  • 53 % des actifs qui ont un enfant de moins de 10 ans télétravaillent ;
  • contre 43 % de ceux ayant un enfant de plus de 10 ans ;
  • et 48 % des actifs parents, tous âges confondus.

Les parents télétravaillent davantage que la moyenne le vendredi et le mercredi :

  • 57 % le vendredi (+6 points) ;
  • 46 % le mercredi (+3 points).

Être parent d’un enfant de moins de 10 ans accentue encore la préférence pour le vendredi (+7 points par rapport aux parents d’un enfant de plus de 10 ans) et le mercredi (+3 points).

Le choix des jours de télétravail a un impact sur la fréquentation des transports et sur le taux d’occupation des bureaux. Pour les entreprises qui limitent le télétravail, l’enjeu est de lisser les jours télétravaillés. En effet, elles ont souvent réduit la taille de leurs surfaces (moins d’un bureau par salarié) et sont confrontées à des espaces devenus trop petits certains jours, en cas d’affluence des salariés.

Âge et télétravail influencent les envies de changement d’entreprise

Après avoir été moins affirmés en 2023, les désirs de changement d’entreprise se réactivent légèrement en 2025. Un peu plus d’actifs ont entamé des démarches (+1 point), un peu plus sont dans un processus bien engagé (+1 point), mais ces cas de figure restent très minoritaires (respectivement 7 % et 5 %) dans un paysage où globalement seulement 33 % des actifs franciliens envisagent de quitter leur entreprise et où 22 % ne font qu’« y penser » sans démarche concrète.

Plus les actifs avancent en âge, moins le désir de mobilité s’exprime :

  • 79 % des 50-64 ans ne souhaitent pas changer d’entreprise ;
  • contre 67  % des 35-49 ans ;
  • et 53 % des 25-34 ans.

Les actifs qui télétravaillent régulièrement envisagent davantage que les autres de changer d’entreprise (25 %), et ils sont davantage à avoir entamé des démarches (9 %).

L’âge est, d’une manière générale, un facteur qui différencie les pratiques. Les 25-34 ans sont les plus enclins à télétravailler régulièrement (53 %), mais avec une intensité moindre (1,8 jour par semaine) que les 35-49 ans (2,1 jours pour 47 % de pratiquants. Quant aux plus de 50-64 ans, ils sont moins nombreux à télétravailler, mais pour ceux qui le font, l’intensité est égale à celle des 35-49 ans.

 

Ce n’est pas la fin du télétravail

Quelques entreprises ont récemment annoncé limiter ou supprimer le télétravail, entraînant des commentaires sur « la fin du télétravail ». En réalité, les retours en arrière proviennent d’entreprises qui avaient adopté le 100 % télétravail (comme Amazon). Le plus souvent, les entreprises n’abandonnent pas le télétravail, mais régulent la pratique (comme JC Decaux, la Société Générale, Renault). Elles limitent le nombre de jours télétravaillés par semaine de 3 à 2, par exemple. Selon un rapport de l’APEC 2025, les managers et les salariés sont globalement satisfaits du télétravail, la pratique est ancrée, et les cadres y sont attachés. Le télétravail fait partie des négociations d’embauche et demeure un facteur d’attractivité.

 

LE LOGEMENT

Un tiers des Franciliens souhaitent déménager, mais peu concrétisent leur projet. Derrière cette aspiration stable depuis une décennie, les motivations varient selon l’âge et le parcours de vie, tandis que les projets de départ hors Île-de-France restent souvent à l’état d’intention, dans un contexte où l’offre de logements reste insuffisante.  

Une aspiration au déménagement, qui peine à se concrétiser

En 2025, comme depuis plusieurs années, un tiers des Franciliens expriment le souhait de déménager. Cette proportion, stable depuis l’Enquête nationale logement de 2013, s’explique par des caractéristiques propres à l’Île-de-France : une population jeune, une forte part de locataires – deux facteurs favorisant la mobilité – et un rôle de carrefour dans les trajectoires de vie (études, emploi, famille).
Mais derrière cette aspiration, les passages à l’acte restent minoritaires. Au moment de l’enquête, 6 % des Franciliens étaient engagés dans une démarche concrète (visites, déménagement en cours). À peine plus d’un quart se disent intéressés, mais sans avoir engagé d’action particulière, une proportion en recul régulier depuis 2021. Le « Baromètre » 2025 confirme ainsi une tendance déjà observée : l’horizon de réalisation des projets résidentiels s’éloigne.

Des motivations variables selon le parcours de vie

L’envie de déménagement est motivée par une multitude de raisons, dont la nature change selon l’âge et l’avancée dans le parcours de vie. La recherche d’un meilleur cadre de vie est la motivation la plus couramment avancée par les Franciliens pour justifier leur désir de changer de logement. Cette aspiration se renforce avec l’âge, mais elle ne recouvre pas les mêmes réalités selon les générations : se rapprocher de son lieu d’études ou de travail, rechercher de l’animation urbaine pour les jeunes, trouver un cadre de vie apaisé et de bons établissements scolaires pour les familles, ou encore bénéficier d’une offre de services, d’équipements, ou d’espaces verts pour les plus âgés. Par ailleurs, d’autres motifs interviennent selon les trajectoires familiales, professionnelles et patrimoniales des Franciliens : autant de facteurs qui concourent à forger des projets résidentiels différents, en particulier selon l’âge.
Les motivations d’ordre familial sont deux fois plus fréquemment avancées par les plus jeunes que par le reste de la population : départ du foyer parental et construction de son autonomie, installation en couple. À la naissance des enfants, recherche d’un logement adapté à la famille… Ces dernières deviennent secondaires après 35 ans.
Parmi les facteurs qui incitent à déménager, les 18-24 ans citent trois fois plus souvent que les plus de 50 ans des raisons professionnelles. Les jeunes actifs ont une situation professionnelle souvent plus précaire ou évolutive, qui les conduit davantage à accepter une mobilité résidentielle. À l’inverse, les actifs plus âgés sont plus attachés à leur lieu de résidence - parce qu’ils sont davantage propriétaires et qu’ils jouissent généralement d’une meilleure stabilité de l’emploi : ils sont moins enclins à s’engager dans des projets professionnels qui nécessiteraient un déménagement.
Les raisons patrimoniales sont davantage évoquées par les 25-49 ans que par les 65 ans ou plus. C’est à ces âges que, encore locataires, ils envisagent un projet d’achat afin de devenir propriétaires de leur résidence principale.
Enfin, l’envie de quitter l’Île-de-France croît avec l’âge : mentionnée par 18 % des 18-24 ans voulant changer de logement, elle concerne près de la moitié des 50-75 ans.

Un projet sur deux envisagé hors Île-de-France

Parmi les Franciliens souhaitant déménager, un sur deux envisage de quitter la région, souvent au profit d’un cadre de vie plus rural (proportion stable depuis 2021). Un quart souhaite s’installer à la campagne, et 70 % de ces projets s’accompagneraient d’un départ de l’Île-de-France. La région offre pourtant une grande diversité de cadres de vie – ville dense, banlieue pavillonnaire, campagnes urbaines – encore trop méconnus ou inaccessibles pour certains. Il est donc essentiel de valoriser cette diversité et de favoriser l’accès à un habitat de qualité pour tous.

Reflux des séjours réalisés hors périodes de vacances

Autrefois cantonnée aux jeunes et aux retraités, la double résidence est devenue accessible à de nombreux actifs, grâce au développement du télétravail. Alors qu’en 2021 et 2022, un quart des Franciliens avait habité ailleurs que dans leur résidence principale sans être en vacances, cette pratique avait reflué pour ne concerner que 20 % d’entre eux en 2023. En 2025, ils sont de nouveau plus nombreux à déclarer avoir séjourné, hors périodes de vacances, dans la famille, dans un bien appartenant à la famille, dans une location ou chez des amis. 

 

Des parcours résidentiels de plus en plus entravés par les crises actuelles

Un monde sépare l’aspiration à déménager de sa concrétisation. Si, d’année en année, un tiers des Franciliens déclarent souhaiter changer de logement, au cours de la période récente, seuls 10 % des ménages déménagent réellement. Dans les faits, ces déménagements se réalisent majoritairement près du leur ancien logement : un tiers dans la même commune, 72 % dans un rayon de trois communes. Les départs hors Île-de-France ne concernent qu’un déménagement sur cinq. La mobilité résidentielle des Franciliens s’érode depuis quelques années.
Dans la conjoncture actuelle, il n’est pas certain que l’écart entre les aspirations à changer de logement et leur mise en œuvre se comble. Malgré des signes d’amélioration sur le front du crédit, les projets peinent à se concrétiser. Depuis janvier 2024, les taux d’intérêt moyens sur 20 ans ont reculé après avoir franchi la barre des 4 %, pour se stabiliser autour de 3,3 % début 2025, selon l’Observatoire du crédit immobilier (Meilleurtaux.com). Une bonne nouvelle certes, mais qui ne suffit pas pour relancer la dynamique du marché4.
En Île-de-France, les prix de l’immobilier ont enregistré une baisse d’environ 10 % depuis fin 2022 (indices Notaires-Insee), y compris à Paris. Face à un pouvoir d’achat immobilier toujours contraint après la période inflationniste de 2022-2023, cette correction reste trop faible pour accompagner une reprise franche. Les revenus des ménages n’ont pas suivi le rythme de l’inflation immobilière au cours des dernières décennies, rendant l’accès à la propriété toujours aussi difficile pour de nombreux acheteurs.
Les difficultés à déménager dans le parc existant pourraient être soulagées par la construction, mais celle-ci reste en berne et très loin d’atteindre l’objectif de 70 000 logements neufs par an fixé par la loi relative au Grand Paris (2010). Quant aux bailleurs sociaux, ils n’ont délivré que 18 500 agréments en 2023 et 16 000 en 2024, soit les niveaux les plus faibles observés depuis 2006, et de plus en plus éloignés de la cible minimale de 32 000 logements par an fixée par le Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement.

LA SANTÉ

Alors que le recours à la téléconsultation était en léger recul en 2023, cette édition montre une reprise, sans pour autant atteindre le niveau de 2022. Quand il est utilisé, ce mode de consultation reste plébiscité par les Franciliens, pour eux-mêmes ou pour un proche. Parallèlement, le renoncement aux soins, concernant globalement trois personnes sur dix, s’explique principalement pour des raisons financières et les difficultés à obtenir un rendez-vous.

Un recours à la téléconsultation toujours élevé

Le recours massif à la téléconsultation en 2022 s’était essoufflé lors de la dernière enquête mais montre des signes de reprise récente, avec presque quatre Franciliens sur dix y ayant eu recours pour eux-mêmes ou pour un proche.
La possibilité d’obtenir plus rapidement un rendez-vous reste la première motivation du recours à ce mode de consultation (38 % des personnes y ayant eu recours), marque toujours plus prégnante d’une offre médicale sous tension au regard des besoins des Franciliens. Corroborant cela, plus de 45 % envisagent d’y recourir dans les prochains mois.
Ce mode de consultation continue d’attirer une population jeune. La moitié des personnes ayant moins de 25 ans et plus de la moitié des 25-34 ans y ont eu recours au cours de l’année passée, que ce soit pour elles-mêmes ou pour un proche.

1%

des Franciliens

envisagent d'avoir recours à la téléconsultation dans les prochains mois.

Raisons financières et difficultés d’obtenir un rendez-vous, principaux motifs de renoncement aux soins

Si les renoncements, reports ou annulations de soins (ou examens médicaux) se maintiennent à un niveau élevé en 2025, concernant globalement trois personnes sur dix, leurs proportions varient selon le type de soins considéré. Les soins dentaires sont les plus fréquemment concernés, bien qu’en recul par rapport à 2021, suivis de loin par les consultations chez les généralistes (28 %), puis, dans des proportions comparables, les consultations de gynécologues pour les femmes (22 %), proportion en diminution par rapport aux années précédentes, et des achats d’équipements optiques, plus souvent déclarés que les années précédentes.

Les motifs de renoncement ou report de soins peuvent varier selon les soins considérés, toutefois les raisons financières arrivent en tête, en particulier pour les soins dentaires (citées par 6 personnes sur 10), les achats d’équipements optiques (6 personnes sur 10) et les consultations d’ophtalmologistes, de psychiatres ou de psychologues ou encore les examens médicaux (radiographie, échographie, scanner, IRM). Depuis les précédentes années, les renoncements ou reports de soins pour raisons financières augmentent pour quasiment tous les types de soins, parfois très fortement (soins dentaires notamment), témoignant en cela de l’aggravation de la situation économique des ménages, dans un contexte d’inflation et d’accroissement des inégalités sociales, et l’importance du reste à charge en l’absence de complémentaire santé ou en cas de garanties faibles.
Les délais pour obtenir un rendez-vous sont un autre motif de report ou d’annulation de soins fréquemment cité et constituent même le premier motif pour les consultations de généralistes. Il est cité par trois personnes sur dix pour les consultations de gynécologues, autres spécialistes, kinésithérapeutes ou orthophonistes, ou les examens médicaux. Si l’accessibilité des médecins continue à être difficile, ce motif de renoncement ou report de soins ne s’est globalement pas accru par rapport aux années précédentes, sans doute supplanté par des raisons financières.
Par ailleurs, si la moitié des consultations chez le généraliste ou le psychiatre/psychologue a finalement eu lieu, seul un tiers des consultations d’ophtalmologistes, soins dentaires, achats optiques et examens (radiographie, échographie, scanner, IRM) a eu effectivement lieu, avec les conséquences que ces annulations ou reports peuvent avoir sur la santé.

1. Ipsos BVA Cesi école d’ingénieurs, Fractures françaises : Le Monde, La Fondation Jean Jaurès, le Cevipof et l’Institut Montaigne, octobre 2025.
2. L’accessibilité spatiale aux médecins généralistes en Île-de-France, Focus santé en Île-de-France, ORS Île-de-France, novembre 2024.
3. L’Institut Paris Region, Les Franciliens Territoires et modes de vie, 2021.
4. Pour aller plus loin : Pauquet P., Trouillard E., « Acheter son logement en Île-de-France : les accédants au défi de la crise », Note rapide n° 1038, L’Institut Paris Region, juin 2025.

AUTEURS

 

Traitement des données et rédaction

Franziska Barnhusen, Jérémy Courel, Catherine Embersin-Kyprianou, Léo Fauconnet, Pascale Leroi, François Michelot

Graphiques

Claire Vogel

Le Baromètre des Franciliens

Les résultats des analyses présentées dans ce document s’appuient sur une enquête par questionnaire confiée à Ipsos, qui a interrogé, par l’intermédiaire d’un panel en ligne, un échantillon de 3 002 individus, représentatif de la population de résidents d’Île-de-France et âgés de 18 à 75 ans. Le terrain d’enquête s’est déroulé du 18 juin  au 18 juillet 2025.

La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (source : recensement de la population de l’Insee) :

  • au niveau régional sur les critères de sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et département ;
  • au niveau de chacun des départements sur les critères de sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle.

Le questionnaire utilisé comportait une centaine de questions abordant les champs suivants : logement/habitat, activité professionnelle/télétravail, préoccupations, mobilités, changement climatique, consommations et usages du numérique, santé.

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