LA LOGISTIQUE DANS L'IMMOBILIER
EN ÎLE-DE-FRANCE

État des lieux au 1er janvier 2026

Les activités logistiques forment un maillage indispensable au fonctionnement régional. L’Institut Paris Region a recensé près de 1 900 bâtiments accueillant, totalement ou partiellement, de la logistique. Un parc qui représente 21,3 millions de m² de surfaces bâties. La diversité de ces activités se traduit dans la variété des formes immobilières et des cellules exploitées : du grand entrepôt aux immeubles mobilisés en rez-de-chaussée, voire en sous sol. Pour rendre compte de cette hétérogénéité, six profils immobiliers et six classes de surface ont été définis. Les infographies présentées ci-après se concentrent sur les bâtiments de plus de 3 000 m², soit environ 1 400 bâtiments, totalisant 20,5 millions de m² de surface bâtie au sol. Elles permettent d’appréhender la structure du parc logistique le plus significatif à l’échelle régionale.

Entrepôts et plateformes,
la majorité du parc

Le classement réalisé montre que la logistique s’appuie majoritairement sur des bâtiments dédiés à cette activité. Les entrepôts et plateformes* regroupent à eux seuls 87  % des surfaces et 77  % des bâtiments de plus de 3 000 m² recensés.
Par ailleurs, les bâtiments de 10 000 à 30 000 m² constituent la catégorie la plus représentative : ils concentrent 38 % des surfaces et 34 % des entrepôts et plateformes identifiés.
 

La caractérisation du type des bâtiments repose sur leur profil physique, leur localisation et la place réservée à la logistique. Cette typologie aboutit à distinguer six profils :

Entrepôt ou plateforme

Se caractérise par une dominante de quais de chargement/déchargement (généralement d'une hauteur de 1,10 à 1,20 m) adaptés aux poids lourds. Ces quais sont disposés sur toute la longueur du bâtiment, sur une ou plusieurs façades.

Locaux d’activités

Bâtiments de faible hauteur pouvant accueillir, en plus des espaces de production ou de stockage, une surface de bureaux. Ils intègrent généralement des quais, avec ou sans dénivelé. Cette catégorie regroupe par exemple les centres de tri, les plateformes de distribution du courrier, les locaux anciens dotés d’un quai et d’une surface de stockage réduite, ainsi que des bâtiments situés dans des parcs d’activités.

Catégorie « mixte »

Bâtiments associant une activité logistique dominante à d’autres fonctions. Il s’agit généralement d’entrepôts intégrant une partie « vitrine », constituée de bureaux en façade ou en étage, pouvant accueillir par exemple le siège d’une entreprise. Cette catégorie regroupe également des sites combinant stockage et vente, comme Metro Cash & Carry ou certains grossistes du MIN de Rungis. Plus largement, elle inclut tout bâtiment — autre qu’un immeuble — où l’activité logistique coexiste avec d’autres usages (administration, services divers, point de vente, activités de gros). Ainsi, la classe « mixte » rassemble différents profils caractérisés par l’hybridation d’une fonction logistique principale avec des activités complémentaires.

Bâtiments de logistique urbaine

Regroupent les sites urbains verticaux de toutes générations conçus dès l’origine pour une exploitation logistique.

Immeuble

L’entreprise se trouve dans un immeuble vertical qui accueille de l’habitat et/ou d’autres activités (tertiaire, …). Ici la logistique se situe en pied d’immeuble ou en sous-sol d’immeuble. Cette catégorie concerne plus particulièrement Paris.

Industriel

La surface logistique correspond, soit à la zone de stockage intégrée au site industriel, soit à des usages très spécifiques, comme le stockage et la manutention de coils (bobines de métal laminé pesant entre 5 et 30 tonnes).

La « skyline » logistique francilienne :
hauteur et diversité

Au fil des décennies, les modèles immobiliers se sont diversifiés. Les bâtiments logistiques, en particulier les entrepôts ou plateformes, s’élèvent un peu plus, en réponse aux évolutions de l’intralogistique*, pour tendre vers une urbanisation plus intensive, tout en respectant les normes réglementaires.

Cette verticalisation touche également les parcs d’activités, dont une partie correspond à des actifs assimilables à la logistique, notamment urbaine.
La verticalité se traduit aussi en cœur urbain avec des immeubles préexistants qui allouent quelques dizaines ou centaines de mètres carrés aux fonctions fret ou logistique, le plus souvent en rez-de-chaussée ou en sous sol.

La classe la moins élevée (4 à 7,5 m) est la plus présente (32 % des bâtiments de plus de 3 000 m²). Elle correspond globalement à deux profils de notre typologie (les locaux d’activités et la catégorie mixte) et les classes de surfaces limitées. Les bâtiments de 9 à 12 mètres (30 %) suivent de très près cette première catégorie. Ils correspondent aux entrepôts et plateformes qui se sont déployés au fil des décennies.

Distance aux infrastructures modales : la dépendance à la route

Une localisation logistique optimale dépend de la proximité aux grands axes routiers : dans l’échantillon étudié, la quasi-totalité des bâtiments sont situés à moins de 5 km d’un axe majeur. À l’inverse, les distances aux terminaux ferroviaires et fluviaux varient davantage, révélant que la route demeure la clé de voûte de la chaîne multimodale.

Les entrepôts de plus de 50 000 m² — qui représentent 20 % de la surface totale — sont souvent situés loin des infrastructures multimodales. Dans 43 % des cas, ils se trouvent à 20 à 30 km d’un terminal fluvial, et dans 39 % des cas, à cette même distance d’un terminal ferroviaire. Souvent implantés en extension urbaine, ces grands sites concentrent d’importants volumes mais s’éloignent des terminaux fluviaux (Gennevilliers, Bonneuil-sur-Marne) et ferroviaires (Valenton) historiques, ce qui limite leurs perspectives de report modal, d’un point de vue économique.

Malgré des accès théoriquement possibles au fluvial ou au ferroviaire, la route reste l’élément central du fonctionnement logistique.

Usages et localisation du bâti logistique

La logistique suit les dynamiques d’urbanisation de l’Île-de-France. Selon le MOS 2021, les espaces d’activités (20 %) constituent la première occupation du sol dans un rayon de 500 mètres autour du bâti logistique, suivis des espaces ouverts artificialisés* (15 %) et des emprises de transport* (14 %).

Lorsque l’on resserre le périmètre d’analyse, de nouvelles configurations apparaissent, reflétant les différentes phases d’urbanisation et de densification de la région.

À l’intérieur de l’A86, territoire particulièrement dense, l’habitat collectif (32 %) se situe fréquemment à moins de 500 m du bâti recensé, devant les activités (17 %) et les emprises de transport (17 %), illustrant la place de la logistique au cœur de la fabrique urbaine.

Entre l’A86 et la Francilienne, on retrouve le triptyque caractéristique de la région : activités (23 %), espaces ouverts artificialisés (17 %) et infrastructures de transport (16 %). C’est dans cet espace intermédiaire que les fonctions se croisent, se densifient et que la logistique atteint sa plus forte présence à l’échelle régionale en nombre de bâtiments de plus de 3 000 m² (45 %).

En troisième couronne, au-delà de la Francilienne, où se développent de grands sites logistiques, les espaces agricoles (24 %) deviennent les premiers voisins du bâti identifié, devant les activités (19 %) et les espaces ouverts artificialisés (15 %).

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Notes de lecture, éléments méthodologiques

Les surfaces analysées correspondent à la surface au sol des bâtiments.
Les distances sont estimées à vol d’oiseau.
En 2025, la mise à jour de la base de données s’est concentrée sur l’évolution des bâtiments dépassant le seuil des 10 000 m². Le contrôle de la donnée précédente et des ajouts de bâtiments nouvellement apparus, étendus dans le paysage francilien constitue cette nouvelle base issue d’une observation de l’Institut Paris Region croisée avec la BD Topo sur plusieurs années.

*Définitions

• Entrepôt et plateforme : quelle différence ? La distinction repose principalement sur la durée de stockage des marchandises. L’entrepôt accueille des produits pour une durée supérieure à 24 heures. Il s’agit d’un lieu de stockage, où les marchandises sont conservées avant d’être expédiées. La plateforme, au contraire, est un site de transit. Les produits y circulent rapidement et ne sont pas stockés : ils restent seulement quelques heures sur place, le temps d’être triés, regroupés ou réexpédiés.

• Intralogistique ou infralogistique : partie de la chaîne d'approvisionnement qui englobe tous les processus et mouvements internes de marchandises (de la réception des produits à leur expédition, en passant par leur stockage, leur transformation, leur conditionnement ….) jusqu’à leur expédition, au sein d’un site. Cela se résume à l’ensemble des activités logistiques gérées dans un bâtiment, que celui-ci soit logistique ou non.

• Terminal combiné ferroviaire ou chantier de transport combiné : il s’agit de l’équipement sur lequel repose le transport combiné rail-route. Celui ci permet le transport de conteneurs ou de caisses mobiles sur des wagons plateaux, entre terminaux. Les pré et post acheminements sont réalisés par la route.

• Terminal à conteneurs fluvial : il s’agit d’une installation portuaire (fluvial en Île-de-France) dédiée à la manutention, au stockage et au transfert des conteneurs maritimes d’un mode à l’autre. En Île-de-France la route assure les pré ou le post-acheminements du parcours fluvial.

• Dans le Mos 2021, le poste « activités » intègre par exemple les zones ou espaces affectés aux activités économiques, les entrepôts logistiques de plus de 10 000 m² et les grandes emprises industrielles. Les « espaces ouverts artificialisés » comprennent les espaces verts urbains et les surfaces engazonnées, qu’elles soient ou non agrémentées d’arbustes. Le poste « transports » regroupe les emprises dédiées au transport ferré ainsi que les voies routières dont la largeur d’emprise dépasse 25 mètres. Ce poste a été modifié dans la nouvelle version du MOS de 2025. Il intègre désormais les trottoirs aux voies routières.

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