Précisions méthodologiques relatives aux données du recensement
Le recensement de la population (RP) est la seule source de données à fournir des informations détaillées sur le parc de logements et ses occupants, qui soient comparables sur longue période et disponibles à l'échelle communale. Dans nos analyses s’appuyant sur le RP, le « parc locatif privé » fusionne deux statuts d'occupation : les « locataires ou sous-locataires d’un logement loué vide non HLM » (STOCD = 21) et les « locataires ou sous-locataires d’un logement loué meublé ou d’une chambre d’hôtel » (STOCD = 23). Toutefois, comme toute source de données, le RP présente quelques limites. Il s'agit ainsi d'une base s'appuyant essentiellement sur les déclarations des ménages recensés, ce qui peut amener des imprécisions et erreurs quant à leur situation résidentielle et à la nature du logement qu'ils occupent. À cela s’ajoute le fait que les découpages catégoriels proposés dans les questionnaires ne sont pas forcément très lisibles pour les ménages recensés (on peut penser par exemple à la catégorie « logement-foyer » pour la variable « types de logement (TYPL) » ), voire parfois pour celles et ceux qui exploitent le RP (à l’instar de la frontière parfois floue séparant les « logements ordinaires » des « communautés » , notamment dans le cas des différentes « résidences » privées et publiques qui représentent une part croissante de la production résidentielle en Île-de-France).
Il en découle notamment que les données du RP tendent structurellement à sous-estimer quelque peu, au profit du parc locatif privé, le volume du parc social : le ménage recensé ne connaît pas forcément le statut de son propriétaire et, plus largement, la complexité inhérente aux parcs « appartenant à des organismes HLM » peut engendrer des confusions. Pour le parc social, nous disposons d’une autre source : le Répertoire du parc locatif social (RPLS), mis en place depuis 2011 (qui a succédé à l’Enquête sur le parc locatif social, ou EPLS, réalisée entre 1987 et 2010) et renseigné directement par les bailleurs sociaux. Ainsi, si l’on considère le nombre de logements sociaux non-vacants allant du PLAI aux PLI fourni par cette source, ce serait 8,3 % en 2022, et 7,1% en 2006, des logements identifiés par nous comme relevant du locatif privé à travers le RP qui relèveraient en fait plutôt du parc social (avec des variations d’une année à l’autre, ce chiffre descendant à 4,1% pour 2016). Mais ce biais étant relativement constant dans le temps (outre le fait qu’il concerne une part, certes non-négligeable, mais tout de même largement minoritaire du parc locatif), il n’est pas de nature à remettre en cause les grands constats, ni les grandes évolutions que l’on peut observer au travers des millésimes successifs du RP. Par exemple, même en corrigeant les données du RP avec celles fournies par le RPLS/EPLS, la croissance globale du parc locatif privé francilien entre 2006 et 2022 demeure de 16 %, soit un niveau quasiment identique à celui obtenu à travers les seuls chiffres du RP.
Autre point d’attention, parmi les logements locatifs classés comme meublés (STOCD = 23) dans le recensement (RP) en 2022 en Île-de-France, 9,7% (soit environ 35 600) sont étiquetés comme « appartenant à un organisme d’HLM » (HLML = 1). Parmi ces « meublés HLM » , 82 % sont des « appartements » (TYPL = 2), le reste relevant surtout de « logements-foyers » (TYPL = 3). Toutefois, la nature de ces logements demeure à ce jour incertaine (le parc de logements « classique » du secteur HLM relève normalement systématiquement du parc locatif vide, tandis que les foyers et résidences sociales ou assimilés relèvent de « communautés » ; par ailleurs, les opérateurs HLM peuvent également posséder un parc de logements locatifs aux loyers « libres » ). Prenant cela en considération et afin de faciliter les traitements statistiques, le choix a finalement été fait, selon une interprétation usuelle des résultats du RP, de conserver l’ensemble de la catégorie « meublés et chambres d’hôtel » dans le périmètre du parc locatif privé, sachant par ailleurs que 93% de la croissance du parc locatif meublé constatée sur la période 2006-2022 a bien été portée par du meublé catégorisé comme « non-HLM » .










