RISQUES NATURELS ET TECHNOLOGIQUES
EN ÎLE-DE-FRANCE

Carte informative au 1er juillet 2026

Par son contexte géographique et physique (relief, réseau hydrographique, géologie…), mais aussi par la présence de vastes massifs forestiers ou d’infrastructures et d’établissements industriels particuliers, le territoire francilien se trouve exposé à des risques naturels et technologiques. Ces risques peuvent entraîner des accidents mettant en cause la sécurité collective et provoquer des dommages directs ou indirects sur les biens, les infrastructures, l’activité économique ou l’environnement. Si certains risques (cavités souterraines, risques industriels, mouvements de terrain…) relèvent de problématiques essentiellement locales, d'autres, comme les inondations, requièrent en revanche des approches plus larges, à l’échelle par exemple des différents bassins versants concernés.
Une meilleure connaissance de ces risques, naturels et technologiques constitue un enjeu d’aménagement durable. Leur prise en compte dans le Schéma directeur régional (SDRIF-E) et dans les documents d’urbanisme locaux (PLU, PLUi, SCOT), mais aussi dans les opérations d’aménagement et les projets urbains, vise à répondre à différents objectifs : sécurité des personnes, réduction des dommages et des coûts économiques pour les biens privés ou publics, et, plus généralement, réduction de la vulnérabilité des territoires. En Île-de-France, cette prise en compte est d’autant plus nécessaire que les concentrations de populations, l’importance des enjeux économiques, mais aussi la complexité de l’organisation de la société, multiplient considérablement les enjeux.
Cette cartographie des risques naturels et technologiques en Île-de-France dresse un état des lieux de la connaissance à l’échelle régionale, à partir de différentes sources de données : inventaire de zones à risques (zones sous-minées, cavités souterraines), études de risque (feux de forêt, ruissellement, zone de dissolution du gypse), zonages d’aléas de plans de prévention des risques naturels (inondations) ou technologiques (établissements Seveso), zonages de risques pris au titre de règlement d’urbanisme (marnières, établissements industriels), servitudes d’utilité publique (canalisations de transport de fluides sous pression), ou encore périmètres de Plans particuliers d’intervention (PPI) pour les installations nucléaires de base.
Cette carte a une vocation uniquement informative et ne revêt aucun caractère réglementaire. Elle est par ailleurs amenée à être actualisée au fur et à mesure de l’évolution des connaissances : inventaires et études complémentaires, modélisation des aléas avec des bases de données plus précises (modèle numérique de terrain, occupation du sol, données climatiques…), prise en compte de fermetures ou d’ouvertures de nouveaux établissements industriels, ou encore les évolutions réglementaires dans le régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

Risques naturels, risques technologiques : de quoi s'agit-il ?

-  Les risques naturels  -

Risques inondation

Inondation par débordement

Le réseau hydrographique francilien s’organise autour de la Seine, qui traverse la région d’est en ouest. Autour d’elle s’articulent plusieurs affluents majeurs : au nord, la Marne et l’Oise, qui apportent des débits très importants ; au sud, l’Yonne et le Loing. À ces grandes rivières soumises à des crues lentes, qui peuvent occasionner des débordements importants, s’ajoutent de nombreux cours d’eau et affluents secondaires comme l’Yerres, les Petit et Grand Morin, l’Essonne, l’Orge, l’Yvette, la Bièvre… Ces affluents peuvent connaître des montées des eaux plus rapides, notamment en cas d’épisodes pluvieux intenses et localisés à caractère orageux. Les zones potentiellement inondables par des crues majeures (occurrence centennale)1 couvrent plus de 61 500 hectares en Île-de-France (5,1 % du territoire). Les vallées de la Seine (55 %) et de la Marne (16 %) concentrent plus de 71 % de ces surfaces. 

5,1 %
Les zones potentiellement inondables par des crues majeures (d’occurrence centennale) couvrent plus de 61 500 hectares en Île-de-France, soit 5,1 % du territoire.

Inondation par ruissellement

Les territoires franciliens urbains et ruraux sont également exposés à des risques d’inondation par ruissellement, plus localisés, mais aussi plus fréquents – plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle sont enregistrés chaque année en Île-de-France. Ces inondations se manifestent principalement lors d’orages estivaux ou en cas de saturation des sols en eau suite à de longues périodes de pluies. Tous les bassins versants, même de faibles superficies, sont potentiellement concernés et les modes d’occupation des sols (urbanisation, espaces ouverts de grandes cultures…) sont souvent déterminants dans la gravité des phénomènes. Sur des territoires très imperméabilisés, en secteurs urbains ou périurbains, ces inondations peuvent se produire par écoulements d’eaux ruisselées, qui n’ont pas été absorbés par les réseaux d’assainissement superficiels ou souterrains et qui se concentrent aux points bas. La cartographie d’aléas2 révèle que toutes les communes franciliennes sont potentiellement exposées au risque d’inondation par ruissellement. Les emprises des zonages d’aléas (période de retour 100-200 ans)3 totalisent 101 000 hectares4 (8,4 % du territoire régional). L’exposition est proportionnellement plus importante dans les territoires urbanisés de l’agglomération centrale, reflétant ainsi l’importance de l’occupation des sols et de l’imperméabilisation dans l’émergence de ces phénomènes de ruissellement.

8,4 %
Toutes les communes franciliennes sont potentiellement exposées au risque d’inondation par ruissellement. Les emprises des zonages d’aléas (période de retour de 100 à 200 ans) totalisent plus de 101 000 hectares, soit 8,4 % du territoire régional.

Mouvements de terrain, RGA

L’Île-de-France est exposée à d’autres aléas naturels que les inondations, en particulier les mouvements de terrain. Les phénomènes de retrait-gonflement des argiles (RGA) affectent l’ensemble du territoire régional. Ces phénomènes sont liés à la nature géologique des sols et des formations superficielles, et à leur teneur en argiles. En période de déficit hydrique prolongé (période de sècheresse), certaines argiles se rétractent de manière importante, ce qui induit localement des mouvements différentiels de terrain pouvant se traduire par des dommages importants aux bâtis, notamment sur l’habitat individuel. Une part très importante du territoire francilien (998 000 hectares, 83 %) est exposée, comme le montre la carte d’exposition aux phénomènes de RGA (2026), élaborée5 dans le cadre de la loi ELAN. 
Près de 400 communes, dans tous les départements franciliens, sont également exposées à des risques de mouvements de terrain d’origine anthropique, liés à des zones sous-minées par d’anciennes carrières souterraines (gypse, calcaire, craie…).

Plus d'informations dans la note d'accompagnement...

83 %
des communes franciliennes sont exposées aux phénomènes de retrait-gonflement des argiles (RGA).

Feux de forêt

Des risques accrus de feux de forêt dans les massifs forestiers sont également à considérer. En raison du changement climatique (chaleur, sècheresse) et de la pression croissante sur les milieux forestiers (lisières, morcellement, fréquentation), le risque de feux de forêt et de végétation va s’étendre dans le temps et dans l’espace. La région Île-de-France est ainsi identifiée comme « nouveau territoire du feu ». L’Atlas du risque feu de forêt en Île-de-France cartographie et catégorise les massifs forestiers d’Île-de-France par niveaux de risque. Sont représentés sur la carte régionale les espaces boisés de plus de 4 hectares, augmentés d’une zone tampon de 50 mètres, présentant un risque feu de forêt classé de moyen à fort (environ 23 900 ha, soit 2 % du territoire régional).

2 %
du territoire régional sont concernés par un risque feu de forêt classé de moyen à fort (environ 23 900 ha).

-  Les risques technologiques  -

Sites industriels

De nombreux sites industriels, mettant en œuvre des produits dangereux ou présentant des risques notables d’explosion, d’incendie ou de dissémination de substances toxiques, relèvent de la directive Seveso III. Ces établissements Seveso recouvrent une grande diversité d’activités : dépôts pétroliers ou d’explosifs, fabrication d’engrais, industrie ou stockage de produits chimiques ou stockage de gaz souterrains, mais aussi un nombre croissant d’entrepôts logistiques, révélant l’importance actuelle de cette activité dans l’économie francilienne. Au total, plus d’une centaine d’établissements Seveso (37 établissements seuil haut, 64 seuil bas) sont recensés en 2026 en Île-de-France, très majoritairement implantés dans les départements de grande couronne (80 établissements). Les zonages de risques associés à ces établissement industriels correspondent aux emprises cumulées des zonages d’aléas des Plans de prévention de risques technologiques (PPRT) ou aux emprises des servitudes d’utilité publique, définies autour de chaque établissement. Ces zonages totalisent une surface cumulée de 5 630 ha en Île-de-France (0,5 % du territoire). 

0,5 %
du territoire régional est concerné par un zonage qui relève d'un site industriel Seveso III (soit 5 630 ha).

Transport de matières dangereuses

Plusieurs millions de tonnes de matières dangereuses (hydrocarbures à 85 %) transitent chaque année en Île-de-France par des modes de transport terrestre : voie routière essentiellement, mais aussi voie ferrée ou fluviale. La géographie précise du risque « transport de matières dangereuses » (TMD) est difficile à établir car celui-ci est, par définition, diffus ; des secteurs plus sensibles peuvent cependant être déterminés – les axes routiers à fort trafic (autoroutes, routes nationales…), les zones de chargement/déchargement de marchandises (stockages pétroliers, plateformes multimodales…) – mais il est difficile d’en restituer une cartographie synthétique. 
Une part très importante des flux de matières dangereuses est également assurée par des canalisations de transport de fluides sous pression, réputées comme l'un des moyens les plus sûrs pour acheminer sur de longues distances des produits pétroliers, gazeux ou chimiques. Au regard de ses besoins énergétiques, l'Île-de-France est particulièrement concernée par ces réseaux, dont les tracés totalisent près de 3 625 km se répartissant entre le transport de gaz naturel (2 900 km) et de produits pétroliers (865 km). Les périmètres de risques retenus pour cette cartographie correspondent aux zones de danger immédiat (servitudes d’utilité publique) le long des tracés. La largeur de ces bandes est définie en fonction de la nature des produits transportés et des caractéristiques des canalisations (diamètre, pression). Elles cumulent 70 650 ha (5,9 % de la superficie régionale). 

5,9 %
du territoire régional sont concernés par le passage de canalisations transportant des matières dangereuses sous pression (environ 70 650 ha).

Installations nucléaires de base

Enfin, le territoire francilien accueille plusieurs installations nucléaires de base (INB), exploitées par les centres de recherche nucléaire de Saclay (91) et Bruyères-le-Châtel (91) faisant l’objet de Plans particuliers d’intervention (PPI). Mais l’importance des périmètres de risques (42 410 ha, soit 3,5 % du territoire régional) rattachés à ces installations nucléaires est essentiellement liée à la présence de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, à quelques kilomètres des limites de la région Île-de-France, dans le département de l’Aube (10). Le périmètre du PPI autour de la centrale (20 km) couvre une vaste zone de plus de 40 300 ha dans le sud-est du département de la Seine-et-Marne.
 

3,5 %
du territoire régional sont concernés par des périmètres de risques rattachés à des installations nucléaires (environ 42 410 ha).

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Contact : Ludovic Faytre, expert des risques naturels et technologiques au sein du pôle Environnement de l'Institut Paris Region.